Tubeleight, pour amateurs de films indiens (Bande-annonce)

Tubelight est un drame historique indien, qui évoque la guerre sino-indienne de 1962. L’Inde a été à cette occasion complètement battue par la Chine, qui a annexé, surtout dans le Cachemire, des territoires himalayens, rocheux et vides, mais stratégiques. L’intrigue, tout en montrant quelques scènes des combats, se concentre sur la vie de l’arrière, et d’un arrière très particulier : une ville indienne du piémont himalayen, située à quelques dizaines de kilomètres des lieux des combats, et qui a pu connaître la peur d’une invasion chinoise. Une telle invasion aurait été impossible pour des raisons logistiques, mais la population locale a certainement effectivement eu peur à cette époque. Le film véhicule un indiscutable patriotisme indien, entend rendre enthousiasme et unanimité nationale, en reconstituant des manifestations qui ont probablement eu lieu. Mais l’enthousiasme peut s’essouffler après des défaites, et, pour les régiments engagés, de lourdes pertes. Tubelight propose une vision d’un microcosme montagnard dans lequel ont été recruté en priorité les troupes de montagne indiennes, engagées sur le front himalayen. Donc les pertes y ont été particulièrement sensibles, comme en aucune autre région en Inde.
 
Tubelight est l’adaptation d’un roman historique indien, bien connu en Inde. Ces évènements dramatiques de 1962 sont vus à travers les yeux d’un simplet, surnommé durant son enfance par ses petits camarades moqueurs Tubelight – la lumière. Or, il était tout sauf une lumière intellectuellement. Tubelight désigne précisément le tube de néon, sommet de la modernité en Inde dans les années 1930, apporté par le maître d’école d’alors, un missionnaire britannique, qui avait fasciné ses élèves. Le village n’en est pas moins resté hindouiste, et le missionnaire a été expulsé à l’indépendance en 1947.
 
Tubelight est fondamentalement un film populaire indien. Le simplet, gentil, ouvert, accueillant, a raison contre les villageois prompts à une agressivité chauvine. Ainsi, le simplet prend sous sa protection de très improbables Chinois d’Inde, menacés de lynchage dans le contexte de la guerre sino-indienne. Le film intéresse par son arrière-fond culturel, avec les chants et les danses typiques des films indiens, sans qu’ils soient pour autant très présents. Par contre, et c’est la limite de l’exercice, les personnages comme les péripéties sont pour le moins simples, sinon simplistes. Le message d’ouverture à l’autre désigne probablement, sous couvert de Chinois, les musulmans de l’Inde, près de 15 % de la population, souvent considérés comme la cinquième colonne de l’ennemi pakistanais. C’est certainement excessif, mais pas forcément complètement faux.
 
Au-delà de ces limites manifestes, Tubelight possède le mérite indiscutable de dépayser complètement le spectateur occidental.
 

Lu sur Réinformation TV

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