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Les thrillers de l’été: stupeur et tremblements garantis!

Les thrillers de l’été: stupeur et tremblements garantis!

Je sais que vous l’attendez comme le Tour de France et les premiers coups de soleil sur le nez, la page des thrillers de l’été est de retour. Du très, très bon cette année que je me fais une joie de vous faire goûter et du moins bien. 

  • La descente (JC Lattès, Le Masque)

On commence par le meilleur de tous. Si vous n’en lisez qu’un seul, choisissez celui-là. C’est davantage un très bon roman d’ailleurs qu’un thriller, qui mêle drame familial et grands espaces américains. Le tout premier pour Tim Johnston qui s’est fait d’emblée un nom. Brillant, intimiste et bouleversant. « L’auteur réussit le pari d’allier efficacité et élégance » résume justement Le Washington Post.

Un matin, Caitlin 18 ans et son jeune frère, Sean, partent pour un jogging sur les petites routes bordées de sapins des somptueuses Montagnes Rocheuses où ils passent leurs vacances avec leurs parents. Sean sera le seul à en revenir. La famille bascule dans le cauchemar. Rongé d’angoisse et de culpabilité, le père de Caitlin s’installe dans la région pour aider les enquêteurs. Mais les semaines deviennent des mois et Caitlin reste introuvable. A quel moment décide-t-on d’interrompre les recherches pour retrouver son enfant ? A quel moment une fille de 18 ans cesse-t-elle de se battre pour rester en vie ? D’un sujet a priori déjà vu mille fois, l’auteur a fait quelque chose d’unique et de profondément marquant. Le dénouement est une perfection.

 

  • Ténébreux Samedi, au bord de l’abîme (Fleuve Noir)

Je n’ai pas loupé un seul jour. Et la semaine noire approche de sa fin : Après Lundi Mélancolie, le jour où les enfants disparaissent, Sombre Mardi, le jour où les vieilles dames parlent aux morts, Maudit Mercredi, le jour où les jeunes filles rencontrent la mort, Terrible jeudi, le jour de l’innocence perdue et Cruel Vendredi, la fin approche, le week-end ne s’annonçait pas plan-plan.

Le couple de journalistes londoniens qui écrivent ensemble ces thrillers psychologiques sophistiqués et séduisants sous le pseudonyme de Nicci French, nous embarque dans la sixième enquête de Frieda Klein. Cette brillante psychothérapeute anglaise, tendance mentaliste, à la fois altruiste et misanthrope et qui boit des litres de thé, n’a pas son pareil pour se fourrer dans des guêpiers inextricables. Lorsqu’un ancien collègue lui demande d’établir le bilan psychiatrique de Hannah Docherty, incarcérée depuis treize ans dans une institution douteuse pour avoir assassiné toute sa famille, Frieda va être très vite convaincue de son innocence, en dépit des preuves écrasantes. Elle rouvre le dossier du crime sordide et met au jour des incohérences.

On retrouve avec plaisir les personnages « secondaires » si spéciaux qui font partie du quotidien de Frieda, l’atmosphère très « british » de l’ensemble, sa petite maison londonienne, son chat et son feu de cheminée. La chute, terrible, nous cueille à froid. Comment les auteurs vont-ils enchaîner ? Où veulent-ils en venir ? Vivement dimanche.

 

  • La Menace (Presses de la Cité)

C’est le second livre de S. K Tremayne après Le Doute qui était une réussite. L’auteur revient avec un huis clos glaçant dont la maison sauvage à pic au-dessus de l’Océan sur les falaises du Penwith en Cornouailles, est un personnage inquiétant à part entière. « La nuit dernière, j’ai rêvé que je retournais à Manderley. » Il y a du Rebeccade Daphné du Maurier dans cette histoire oppressante. Rachel vient d’épouser un riche et séduisant avocat qui a perdu sa première épouse Nina dans des circonstances tragiques. Par une froide soirée de décembre, elle a fait une chute mortelle en tombant dans un des puits de la mine sur les falaises. Le souvenir de Nina hante encore les couloirs. Et Jamie, le petit garçon de Nina, adopte vis-à-vis de Rachel un comportement inquiétant, prophétisant l’avenir et niant la réalité. Dans une ambiance celtique où les éléments se déchaînent, le supplice psychologique se déguste jusqu’à la toute dernière page.

 

  • Le tricycle rouge (Hugo Thriller)

C’est un premier livre abusivement encensé par les médias, prix thriller VSD et prix Michel Bussi du meilleur thriller français (sachant que Michel Bussi lui-même ne fait plus que de la grosse daube). Il démarre bien (bonne scène d’exposition). Le héros n’est pas mal avec son profil d’antihéros justement, usé et souffrant d’une tumeur au cerveau, profileur de génie jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais cette histoire de meurtres en série au Canada signés du « Démon du Vermont », traîne en longueur et se perd dans des rebondissements invraisemblables sur fond d’expériences sur des enfants assez tartignolesques. Franchement décevant. L’auteur Vincent Hauuy est concepteur de jeux vidéo et passionné de puzzles. Ceci explique peut-être cela.

 

  • La Veuve (Fleuve Noir)

Encore un premier roman qui est un coup de maître. Mari idéal ou pervers psychopathe ? Si elle, sa veuve, ne le sait pas, qui le saura ? La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire. Un peu comme elle. Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque. Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme le suspect principal. Les quatre années suivantes sont une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, Jane ne connaît plus aucun repos, même après un acquittement. Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ? Fiona Barton est le nouveau talent qui va compter dans le genre. A partir de trois points de vue (la veuve, la journaliste et le policier), elle nous immerge au cœur du faux-semblant et de la mauvaise foi qui peuvent animer un couple en apparence lisse et propre sur lui. Glaçant et palpitant.

 

  • Au fond de l’eau (Sonatine)

Personne n’a oublié La fille du train qui a transporté des millions de lecteurs et nous avec. L’adaptation au cinéma n’était pas à la hauteur. Ce deuxième roman de Paula Hawkins est d’aussi bonne facture dans un univers différent. Deux sœurs brouillées depuis des années. La veille de sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale. Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout, on sent que c’est la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où depuis toujours, les tragédies et les noyades se succèdent. L’ambiance est au petit poil. L’intrigue est maîtrisée, sans une seconde d’ennui. Une seule question : Pourrez-vous remonter à la surface ?

 

  • La fille idéale (Les Escales Noires)

Zoé est la fille idéale : élève brillante, enfant modèle, musicienne virtuose. Pourtant, l’adolescente cache un lourd secret : quelques années auparavant, elle a été à l’origine d’un accident de voiture mortel entraînant la mort de trois autres jeunes. Après sa peine d’emprisonnement dans un centre pour mineurs, sa mère, Maria et elle ont emménagé dans une autre ville. Maria s’est remariée avec un homme qui ignore tout de leur passé, sorte de psychorigide qui cherche à tout contrôler autour de lui. Pour la mère, l’accident et ses répercussions n’ont aucune place dans la « famille idéale », celle de la deuxième chance, qu’elle a recréée. Le passé n’existe pas. Le soir où Zoé doit donner le premier concert de son nouveau départ pour lequel elle se prépare depuis des mois, la nuit tourne au cauchemar et Maria est assassinée.

Chaque chapitre se découle à la première personne, protagoniste après protagoniste. Ce qui donne de la profondeur au récit et une belle dimension aux personnages, particulièrement à celui de Zoé qui est d’une grande intensité.

  • Nuit (XO)

Vous avez aimé Glacé et Le Cercle ? Vous serez heureux de retrouver votre flic préféré du SRPJ de Toulouse, Martin Servaz, toujours aussi intello et tourmenté, dans un face-à-face angoissant avec le serial-killer insaisissable Julian Hirtmann. Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l’hélicoptère dépose l’inspectrice norvégienne Kirsten Nigaard sur une plate-forme pétrolière. Elle enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base offshore. A bord, un homme manque à l’appel : Julian Hirtmann. Dans sa cabine, Kirsten découvre une série de photos dont celle d’un petit garçon Gustav. Cet enfant va se révéler être le fils de Servaz.

Ça décolle sec, ça continue dans ces vallées encaissées et ces hivers enneigés interminables des Pyrénées que Bernard Minier, l’auteur, connaît comme sa poche et où il a passé son enfance. La recette de ses best-sellers à 450 000 exemplaires ? Leur légende déjà : même Dupont de Ligonnès les lit. (Il a été filmé avec Glacé à la main sur la dernière vidéo qui le montre vivant). Une ambiance forte, une intrigue subtile et une grande précision dans les détails. Pour la nouvelle psychologie paternelle de Servaz, c’est un peu moins convaincant. Mais on marche jusqu’au bout de la nuit avec lui. Comme toujours.

 

Caroline Parmentier – Présent

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