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So long, my son… (Bande-annonce)

So long, my son… (Bande-annonce)

La Chine fait beaucoup parler d’elle en ce moment, ne serait-ce que par les événements vécus à Hong Kong. Mais que savons-nous de ce véritable continent ? Voici une excellente occasion de découvrir « de l’intérieur », par le biais du destin d’un groupe d’amis et surtout d’un couple parmi eux, l’histoire récente de ce pays. Le film de Wang Xiaoshuai s’étire sur trois heures – le mot est choisi à dessein car son rythme peut parfois paraître lent. Mais cela vaut la peine de se couler dans le récit, qui se présente comme une sorte de puzzle dont le spectateur recolle petit à petit les morceaux et doit accepter de ne pas saisir le dessin immédiatement.

Les personnages ont vécu des années auparavant les suites de la Révolution culturelle, envoyés à la campagne. Ils travaillent en usine et vivent la période où l’Etat maoïste déclare la politique obligatoire de l’enfant unique (qui a débuté en 1979) : ceux qui ne la respectent pas sont de mauvais citoyens, se voient infliger une lourde amende et perdent leur travail. Or Liyun et Yaojun attendent un deuxième enfant. Lorsque la grossesse de Liyun est découverte, on l’oblige immédiatement à avorter. La scène, inoubliable, donne la dimension de ce que peut être le poids d’un régime totalitaire et de ses exigences criminelles, et même de son ironie glaçante : Liyun et Yaojun sont récompensés comme « couple modèle » !

Pour les divers protagonistes aussi, cette scène marquera à jamais leur vie, ainsi qu’un autre drame qui s’ajoute à celui-là. D’autant que lors de la crise qui secoue plus tard le pays et l’oblige à entrer dans l’économie de marché, les licenciements pleuvent. Autre scène à ne pas manquer, celle où le directeur en fait l’annonce en exhortant les ouvriers licenciés (« L’ennemi est à nos portes. Vous êtes les soldats de la Révolution, qui devez donner sang et vie pour le pays. »)

Vingt ans plus tard, on retrouve Liyun et Yaojun. Ils répondent à l’appel de leurs anciens amis, quittés depuis bien longtemps. Comment se décharger, avant de mourir, d’un remords avec lequel on a vécu durant des années ? Quelle réponse apporter à un tel besoin ? Le film, porté par une photo superbe et d’admirables acteurs, donne sans pathos une belle leçon d’humanité.

Une anecdote significative : Wang Xiaoshuai a été en butte pour son film à la censure de son pays. Ainsi, les autorités chargées des cultes lui ont fait supprimer une scène où Liyun sortait d’un temple bouddhiste puis passait devant une église en se signant. On ne voit plus que la scène dans le temple bouddhiste, et juste un paysage avec la silhouette de l’église chrétienne et de sa croix… •

Anne Le Pape – Présent

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