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Selon Castaner, Notre-Dame de Paris n’est pas une cathédrale: c’est un stade?

Selon Castaner, Notre-Dame de Paris n’est pas une cathédrale: c’est un stade?


Des propos révélateurs

Dans l’ampleur symbolique de l’incendie de Notre-Dame sont apparus le meilleur – exprimé dans la sidération du peuple de France – et le pire – dans cette phrase improbable de M.Castaner : « Notre-Dame n’est pas une cathédrale »**. Formule qui évoque les pommes ou autres pipes de René Magritte.

Ces propos sont loin d’être anodins. Ils témoignent d’une attitude spontanée devenue, à notre époque, une deuxième nature qui fait fi des réalités.
Ils sont un symptôme aussi grotesque que gravissime de la négation des fondamentaux d’une civilisation comme berceau d’une société.

Proscrire l’identité première de Notre-Dame, c’est réduire à néant ce qui l’a portée et notamment le génie et le courage de ses bâtisseurs. C’est aussi occulter les concepts de verticalité et de sacralité.
D’autre part, ces propos, dénués de sensibilité, exprimés par un représentant de notre France, ne peuvent qu’attiser notre inquiétude en ce qui concerne la qualité des futurs travaux de reconstruction.

Il s’agit de nier l’influence de l’histoire sur ce que nous sommes aujourd’hui.
Ceci impose de réfuter la réalité la plus évidente « Notre Dame n’est pas une cathédrale ».

Leurs vues sont ainsi brouillées par des aspirations personnelles et l’impossibilité totale de s’inscrire dans ce qui a été fait « avant eux », soit de tenir compte des réalisations du passé. Le monde qu’ils appréhendent est forgé par leurs désirs et leurs idéologies. Une sorte d’holographie « supra-réelle » qui serait plus réelle que la réalité elle-même.

Ce qui pose d’ailleurs un problème de fond en ce qui concerne les compétences de nos gouvernants car chacun sait que gouverner, c’est prévoir. Mais, comment prévoir lorsque l’on nie la simple réalité, gommée par les projections individuelles, et lorsque l’on occulte l’histoire ?

Plus vrai que vrai

Ce constat nous fait revenir au surréalisme qui cherche à se substituer à « la réalité réelle ». Il s’agit là aussi d’un « surréalisme supra-réel », déterminé par l’homme seul et qui, bizarrement, se passe du réel… La réalité est dans l’œil de l’observateur. L’objet observé n’a plus d’importance.

Les seules attentes de l’homme définissent le monde

Ceci, n’est pas sans rappeler la fameuse « main invisible » d’Adam Smith*** (à l’énoncé d’ailleurs fort surréaliste en lui-même). Théorie qui, dans le domaine économique, postule que la somme des intérêts personnels fait le bonheur de tous. Ce principe, défendant la promotion de la libération, sans ambages, des égoïsmes, n’a-t-il pas envahi la société dans son ensemble ? En effet, n’est-ce pas cette même logique que nous retrouvons dans les lois sociétales qui, en cherchant à répondre aux vœux de communautés minoritaires, tendent à s’intéresser, non plus à la cité, mais à s’approcher le plus possible des souhaits de l’individu ?

Comme dans le libéralisme ou dans le surréalisme, nous retrouvons là encore des idées laudatrices de l’expression des motivations brutes des hommes comme susceptibles de pouvoir organiser le monde.

Dans les deux cas, il y a un refus et une cécité volontaire de voir l’évidence même des choses.

La plus grande « fake news » de tous les temps

Nous arrivons au moment de l’identification claire et nette de cette « fake news ».
En effet, contrairement à ce que l’on nous assène, les hommes ne peuvent pas s’échapper de leur histoire.

La somme de leurs intérêts égoïstes ne travaille pas au bonheur de tous, bien au contraire. Que cela soit dans le domaine économique ou social, la défense du strict avantage personnel et la certitude de détenir sa propre vérité mènent à la guerre de tous contre tous.

L’homme se construit socialement et psychanalytiquement au sein de sa famille et de la société. Ce qui cultive chez lui, l’émergence et l’épanouissement du sentiment de responsabilité vis-à-vis de sa famille et de la société, sentiment qui favorise un climat pacifié.

L’individu qui renie l’importance de son histoire et de son contexte de vie ne peut devenir qu’un despote ou bien s’étioler dans une solitude dépressive et nihiliste qui marque l’époque contemporaine de son empreinte funeste.

Ainsi, en rêvant de « se créer », l’homme se déleste de sa nourriture créative et le seul art qui reste à sa portée est celui qui se définit par sa destruction : « Le Non Art ».

Il est curieux de noter que le surréalisme, comme la nouvelle économie virtuelle des flux financiers, sont pétris de cette même post-moderne préoccupation qui est de se débarrasser du réel et de la nature.

Nous pouvons rajouter d’autres traits sociétaux à ces mouvements qui déracinent l’homme, comme l’envahissement des communications dématérialisées de l’informatique et de la téléphonie, ou encore, la médecine qui se technicise jusqu’à envisager la banalisation de la télémédecine. La consultation (le rapport au corps) va bientôt cessée d’être nécessaire à l’établissement d’un diagnostic. La prochaine étape, déjà en cours, est l’envie, le désir de trans-humanisme qui, dans sa recherche de « transgression de l’humanité », apparaît comme l’aboutissement du déni de la nature : que l’homme quitte sa « nature humaine ».

Tout cela semble bien aller dans le même sens et confirme la folie volontaire du post-moderne prométhéen qui, face à l’échec factuel du mythe du Progrès (dégâts écologiques, immigrations massives, chômage, solitudes urbaines, désespérances rurales, violences…), persiste dans sa volonté d’auto-construire le monde et donc ainsi de le « déréaliser » encore davantage.

Comme certains, à une autre époque, pensaient remédier aux insuffisances, voire aux désastres du communisme, en « rajoutant du communisme » au communisme, nos gouvernants additionnent du vide de sens au vide de sens.

La gouvernance « start-up » comme suite logique aux dégâts du capitalisme débridé

La formule « Notre Dame n’est pas une cathédrale » est un fleuron parmi d’autres de l’état d’esprit de nos dirigeants. Elle s’inscrit dans la lignée des impostures que l’on cherche à nous imposer comme véridiques : la religion musulmane est la religion de l’amour, les chrétiens ont été aussi belliqueux « voire plus » dans l’histoire que l’Islam, le sexe n’a aucune influence sur l’identité des êtres, les enfants apprennent par eux-mêmes…

Plus terre à terre, s’ajoute cette contrevérité au sujet de la Salpetrière lancée sans scrupule par un ministre de l’Intérieur qui ignore qu’une information demande à être vérifiée avant d’être divulguée.

Au-delà du fait qu’une telle attitude pose la question de sa compétence à conserver le calme et la retenue nécessaires à sa mission de garant de notre sécurité, elle met à mal très sérieusement aussi sa conception de l’honnêteté et de l’objectivité. Plus grave encore, sa précipitation à diffuser des « informations », qui en définitive le servent, s’apparente à un certain goût pour la manipulation opportuniste.

Ces exemples montrent que ces mensonges touchent la grande histoire certes, mais, envahissent aussi notre quotidien. En quelque sorte, ils viennent, en escadrille, nous conquérir afin de constituer, in fine, notre seul univers.

L’occultation du sacré permet à ces impostures de prospérer à leur aise. Sans repère vertical, la vérité et le mensonge deviennent des abstractions évanescentes. « Notre Dame n’est pas une cathédrale ». Et M.Castaner de continuer : « Notre Dame est notre commun » à peu près comme un stade de football ou un local associatif…

La ville dont le roi est un enfant n’est plus une vraie ville mais une géode où sont projetées les pulsions du monarque juvénile et de ses petits camarades. Enfants à l’espièglerie (parfaitement exaspérante de fourberie) qui vont jusqu’à dissimuler leur fausseté en se drapant dans la toge de la loi « anti fake news ». C’est tout de même un comble !

Malheureusement, il semblerait que les « puissants », les membres de la « Super Classe Mondialisée » sont bien nombreux à être atteints par le symptôme de Peter Pan. La terre est pour eux une salle de jeux où ils sautent régulièrement d’une métropole à une autre. Le monde est celui de leurs souhaits, ils comptent bien le modeler à leur guise.

Ces « homos-économicus-festifs » oublient seulement que le monde réel existe et que la nature prend sa revanche et a, en définitive, toujours le dernier mot.

Laurence Maugest

 

* Alain de Benoist Contre le libéralisme – La société n’est pas un marché Edition du Rocher – 2019 –

** https://www.youtube.com/watch?v=J15vm6c_TuY

*** La main invisible est une expression (forgée par Adam Smith) qui désigne la théorie selon laquelle l’ensemble des actions individuelles des acteurs économiques, guidées (par définition) uniquement par l’intérêt personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun. (Wikipedia)

 

 

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