Saint-Martin-d’Oydes, circulade ariégeoise (Vidéo)

Il n’en existe que sept en France. La plupart dans le Gers, et chez nos voisins de l’Aude, où on les appelle «circulades». En Ariège, si Saint-Félix-de-Rieutord conserve encore des traces anciennes d’une architecture semblable, Saint-Martin-d’Oydes est la seule commune du département où cette forme médiévale dite «en ellipse» ou «circulaire» est entièrement intacte.

L’endroit est évoqué dans les textes au XIIe siècle sous le nom de «Saint-Martin-de-Duidas», puis plus tard «Saint-Martin-de-Devotas». Une étymologie dont l’origine reste encore aujourd’hui non élucidée. Bâti en rond autour de son église, dans un but clairement défensif, le village médiéval est alors entouré d’un fossé en eau. Un rempart, dont il ne reste pas de traces, reliait probablement le village au château : «Cette bâtisse et son parc appartiennent aujourd’hui à un lord anglais et a été transformé en gîte de luxe, raconte Marinette Sebbah. Pour l’anecdote, Tony Blair y a séjourné plusieurs fois !» Pour prendre la mesure de l’ensemble, un sentier pédestre balisé offre une vue imprenable sur le village fortifié, son château et son église, mais également sur la chaîne des Pyrénées au sud.

Au centre de la place du village, l’église. Dernier refuge contre des assaillants décidés, elle permettait aux habitants de s’y abriter, et même de grimper jusque dans le clocher. Une fois l’échelle enlevée, la place était imprenable ! De l’édifice original, conçu dans le plus pur style roman, c’est d’ailleurs la seule partie qui soit restée intouchée». L’église est agrandie et restaurée par l’architecte Ferdinand de Coma en 1880. L’intérieur, blanc et frais, contraste avec les ocres des façades et des toits. Les murs sont ornés de fresques et de peintures, réalisées par l’artiste espagnol Diez Isaak de Ibarrondo.

C’est au XIXe siècle que Saint-Martin-D’Oydes commence à connaître des transformations. Le fossé, comblé, devient un chemin de ronde. «Imaginez que jusqu’au percement du premier porche en 1856, le village était entièrement fermé, pointe Geneviève Leleu, maire de la commune. Autrefois, les habitants pouvaient entrer et sortir en passant par chez eux, mais une et une seule maison – on ignore laquelle – avait une servitude de passage pour transporter les morts au cimetière, à l’extérieur du village !» Un second porche est créé en 1862, et le village profite de sa position au carrefour de trois vallées pour rassembler d’importantes foires aux bestiaux. La localité, et les fermes qui en dépendent abritent alors plus d’un millier d’âmes.

Aujourd’hui, Saint-Martin-d’Oydes compte 230 habitants. Pour le maire, Geneviève Leleu, les visites guidées sont une chance à saisir : «J’aimerais qu’elles se pérennisent, plaide-t-elle. Il y a certes le plaisir et la fierté de faire découvrir notre commune, mais aussi l’espoir qu’elle contribue à la redynamiser économiquement. Nous n’avons plus aucun commerce. Le seul argument que nous ayons, c’est le tourisme».

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2 commentaires

  1. cano

    Il y en a des dizaines voire des centaines !
    Témoins de la catastrophe du moyen àge
    avec les “mottes” et autres “burgus”
    En ces temps , il n’y a plus de ville ouverte latine, les Cités se sont recroquevillées,(Reims gauloise 80 hectares, gallo-romaine, 600 hectares, et 60 derriere ses murs au III ème siècle) ; (Carcassonne, Colonia Iulia Carcaso, remonte sur son oppidum…etc), les propriétés (villae ) ne sont plus sures et dans les zone rurales vont apparaitre les “circulades”.
    Le néologisme et le concept ont été proposés en 1992 par Krzysztof Pawlowski, un architecte-urbaniste d’origine polonaise dans son ouvrage Circulades languedociennes de l’an mille.

    Une appellation antérieure, employée par les géographes, est « village rond » comme l’atteste l’article de Louis Josserand, Les villages ronds du Razès (Aude), publié dans la Revue géographique des Pyrénées et du Sud-ouest en 1931. Mais l’existence de villages « bâtis en rond, avec faubourgs construits plus tard » dans le bas Razès, au sud-ouest de Carcassonne, est en fait signalée dès 1843 par l’écrivain limousin Alexandre Grimaud.

    Mème dans une ville comme Montpellier, au sud de la percée hausmannienne de l’avenue Foch, autour de la rue St Firmin, une circulade est visible, témoin de la création vers 985 après donation à un certain Guilhem (Willem en germain) d’une colline, par un comte qui lui habite en plaine sur une motte.

    Dès que vous entrez dans un village, c’est un jeu de suivre ses anciens murs.

    A Di sias !

    jpcano

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