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 Réseaux sociaux et jeux vidéo provoquent la régression des enfants  associée à trois ans d’âge mental

 Réseaux sociaux et jeux vidéo provoquent la régression des enfants  associée à trois ans d’âge mental

Capacité à communiquer dans la vie réelle, à éprouver des sentiments d’empathie, à penser par soi-même : tous ces fruits de l’éducation sont contrés frontalement par l’omniprésence des écrans dans la vie des jeunes. Selon la baronne Susan Greenfield, professeur à l’université d’Oxford et ancien directeur de la Royal Institution of Great Britain, l’utilisation massive des réseaux sociaux et des jeux vidéo par les enfants provoquent leur régression cérébrale et une immaturité associée à un âge mental de trois ans. C’est toute une génération d’enfants qui est menacée par ce nouvel outil de la déshumanisation des jeunes : nouvel épisode de la mise en place de cette « génération décervelée » sciemment privée de ses talents et de ses capacités intellectuelles.

Les jeunes adeptes des réseaux sociaux ou des jeux d’action-réaction sont bombardés de gratifications immédiates, observe le Pr Susan Greenfield, ce qui les fait régresser au niveau d’enfants de trois ans, créant chez un besoin d’avoir « à chaque instant quelque chose qui puisse les distraire de façon à entraver leur propre narration intérieure, leur propre processus de pensée interne ».

Immaturité généralisée : ces jeunes bloqués à trois ans d’âge mental

Autrement dit, c’est toute leur vie intérieure – cible de la « conspiration » de la vie moderne, comme en avertissait Georges Bernanos avant même que les ordinateurs, tablettes et autres Smartphones n’envahissent nos vies – dont le développement est entravé.

« Ce que je prédis, c’est que les gens seront comme des enfants de trois ans : émotifs, adeptes de la prise de risques, dotés de compétences sociales médiocres et d’une conscience incertaine de leur identité propre, et n’ayant qu’une faible durée de concentration », a averti la baronne, qui fait partie des premiers universitaires à avoir confirmé, il y a quatre ans, que l’utilisation actuelle des écrans par les enfants a un effet néfaste sur leur organisation cérébrale.

Une récente étude menée par les universités d’Harvard et de Princeton citée par la chercheuse révèle par exemple que les élèves préfèrent s’infliger un choc électrique plutôt que devoir passer dix minutes à penser, seuls.

Ecrans addictifs : réseaux sociaux et jeux vidéo « capturent » les jeunes

« Voilà un problème encore plus grave que celui que j’ai évoqué en 2014 : voici que les gens ont désormais besoin de stimulations constantes de leur environnement, à chaque instant, comme le suggère cette étude. Ils ne peuvent plus plonger dans leur propre esprit, penser de manière latérale ou avoir leurs propres pensées », déplore Susan Greenfield.

Les enfants ont besoin d’activités comportant un début, un milieu et une fin, comme la lecture de livres, le sport ou le jardinage (on ne saurait accélérer la pousse d’une plante !) plutôt que de faire du « multitâche » où tout arrive en même temps et où l’on peut avancer et reculer dans le « temps » du jeux, rappelle cet ancien professeur de pharmacologie synaptique, pour qui les enfants sont mieux servis par une boîte qui leur permet de jouer en utilisant leur imagination plutôt qu’une Xbox. « Si vous regardez un enfant qui a l’habitude de lire des histoires, vous constaterez que cela leur donne une meilleure durée d’attention », rappelle-t-elle, non sans signaler ce que les enfants ne font plus : « Faire de l’exercice physique, manger ensemble, et surtout raconter des histoires. »

La génération décervelée s’enfonce dans l’immaturité : une régression bien organisée

Le risque est d’en faire une génération plus narcissique, avec, selon un paradoxe seulement apparent, une faible estime de soi et un taux de dépression plus élevé à mesure que les réseaux sociaux remplacent les conversations in vivo. « Je pense vraiment que les faits me donnent raison. J’aurais préféré l’inverse », commente Susan Greenfield.

Elle souhaiterait que les responsables de réseaux sociaux et les fabricants et opérateurs de jeux vidéo se « confessent » publiquement des techniques additives qu’ils utilisent pour que leur client restent en ligne. « Si les gens étaient conscients de la manière dont on les manipule, ils se rebelleraient », assure-t-elle.

Tout concourt en effet à réduire les capacités de réflexion et d’analyse des jeunes. Elisabeth Nuyts a montré depuis longtemps, dans L’école des illusionnistes notamment, que les méthodes pédagogiques globales qui s’adressent au cerveau droit, tout comme l’imagerie et la technique opératoire des jeux vidéo d’action-réaction, inhibent jusqu’à la pensée langagière. L’addiction aux écrans ne fait qu’aggraver une situation manifestement voulue par les nouveaux pédagogues qui sévissent aussi bien dans les pays anglo-saxons qu’en France – des professeurs de tous niveaux en constatent les effets désastreux.

 

 

Jeanne Smits – RITV

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