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Redressement du chef Arnaud Bloquel/ L’URSSAF, pire que le Shérif de Nottingham…

Redressement du chef Arnaud Bloquel/ L’URSSAF, pire que le Shérif de Nottingham…

Pas moins de 14 000 euros : c’est la note particulièrement salée récemment adressée par l’URSSAF au chef cuisinier Arnaud Bloquel, propriétaire des restaurants gastronomiques Le Square et L’Orchidéa, basés tous deux dans la ville de Saint-François, en Guadeloupe. Son « crime » ? Avoir déjeuné tous les jours dans son propre établissement, sans en avoir officiellement rendu compte à une administration fiscale particulièrement tatillonne et gloutonne.

Un oubli qui coûte cher

La visite de contrôleurs de l’URSSAF bien décidés à éplucher et à décortiquer les comptes dans tous les sens est toujours un moment d’inquiétude pour les entrepreneurs, qui se demandent souvent à quelle sauce ils vont bien pouvoir être mangés. Non pas parce que ces derniers ont forcément pour habitude de frauder, mais plus simplement parce que personne, même en faisant preuve de la plus grande vigilance, n’est à l’abri d’un oubli ou d’une erreur qui ne pourra échapper à la truffe de ces fins limiers que sont les contrôleurs de l’URSSAF. Un fait que le cuisinier Arnaud Bloquel, « chef de l’année 2019 » pour la zone Antilles-Guyane du fameux guide Gault & Millau, vient d’apprendre à ses dépens, à la suite d’un contrôle dont son établissement a fait l’objet en avril 2018. Alors que le fonctionnaire de l’URSSAF, après avoir « cuisiné » les salariés et « mis sur le gril » le gérant, avait fait chou blanc et s’apprêtait à quitter les lieux, celui-ci a alors demandé à Bloquel où il mangeait. Une question apparemment anodine, à laquelle le chef étoilé a répondu, assez logiquement : « Je mange dans mon restaurant, puisque j’y passe mes journées. » Une phrase dont il était loin d’imaginer les conséquences…

L’URSSAF reste sourd aux réclamations

Car, si le gérant majoritaire d’une entreprise de restauration peut fort bien manger dans son restaurant, il a en revanche l’obligation de déclarer les repas qu’il prend sur place. Faute de quoi, l’administration fiscale considérera la chose comme un avantage en nature non déclaré. Un point que l’URSSAF n’a, pour sa part, pas oublié, et a mis en avant pour justifier un redressement sur trois ans du cuisinier. Sauf que, pour son calcul, l’organisme s’est basé sur le coût moyen d’un repas servi dans ce restaurant étoilé, soit 107 euros, pour aboutir à un total de… 14 000 euros ! Une ardoise vivement contestée par Arnaud Bloquel, qui s’échine aujourd’hui à expliquer que « comme tous les cuisiniers, [il] conserve les produits nobles pour les clients et [se] restaure avec des pâtes ou des plats simples et peu coûteux, comme le reste de [son] équipe, dont le repas apparaît à environ 6 euros sur leur bulletin de paie ». Mais, persuadé qu’Arnaud Bloquel lui raconte des salades, l’URSSAF ne veut rien entendre. Sa seule concession : la possibilité pour le chef étoilé… d’échelonner le paiement. De quoi couper l’appétit aux plus grands cordons-bleus. •

Franck Deletraz – Présent

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