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“Chaque fois qu’il faut pousser une loi à la con, celui qui s’y colle est une femme”!

“Chaque fois qu’il faut pousser une loi à la con, celui qui s’y colle est une femme”!

Myriam El Khomri, ce n’est pas exactement n’importe qui. C’est même la troisième Franco-Marocaine du gouvernement, avec Najat Vallaud-Belkacem et Audrey Azoulay, en comptant large ; ce, à tel point que ça commence à renauder velu chez nos compatriotes franco-algériens…

Myriam El Khomri, donc, a été réveillée ce mercredi, dès potron-minet, par des manifestants ayant au moins démontré, sous son balcon, qu’ils n’étaient pas debout que la nuit, mais également aux premières lueurs du jour. Ça tombe bien pour eux : ne dit-on pas que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ? Bref, dans cet « after » improvisé, une banderole arborant une assez jolie citation de l’anarchiste Louise Michel a fait la une des gazettes : « Ce que le peuple obtient, il le prend ! » Si cela pouvait seulement être vrai, mais on sait ce qu’il en est depuis le référendum de 2005 sur le traité européen de Lisbonne.

Aussitôt, madame le ministre a fait savoir qu’il s’agissait « d’un acte d’intimidation qui viole son intimité ». « Viol d’intimité »… Rien que ça. Ce n’était pas non plus une tournante de caves de cités ; décidément, cette inflation langagière… D’ailleurs, que devrait dire Robert Ménard, maire de Béziers, quand semblables hordes de lascars viennent régulièrement brailler sous ses fenêtres ? De fait, lui et sa famille ne disent rien, risques du métier de premier édile obligent.

Un happening en appelant généralement un autre, ce même mercredi, le Parti socialiste organisait un meeting relatif à cette fameuse loi Travail : « Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social. » Là, on se pince. Est-ce un mauvais cauchemar ? Résultat d’une overdose de harengs pommes à l’huile ou de ce quarantième whisky de la soirée qui n’était pas forcément indispensable ? Non, juste d’une loi de gauche, dictée par un MEDEF de droite, loi aussi défendue par des gens de gauche, mais attaquée par des gens de droite, tout en étant au passage critiquée et/ou défendue par des gens de gauche et/ou des gens de droite. Une vache espagnole n’y retrouverait pas ses petits, qu’ils soient hamsters ou pas.

Au-delà de ce flou plus qu’artistique, on remarquera l’historique persistance d’une antienne de vie politique française : chaque fois qu’il faut pousser une loi à la con – et encore, nous demeurons polis –, celui qui s’y colle est généralement une femme, blanchie sous le harnais si possible, que ce soit en termes ethniques ou historiques.

Pour l’avortement, ce fut Simone Veil, qui en garde un assez vilain souvenir, tel que consigné dans ses mémoires, Une vie (Stock Éditeur). Pour le mariage pour tous, la théorie du genre et l’élevage en batterie des enfants à naître, la petite Najat Vallaud-Belkacem fut dépêchée en première ligne, alors qu’elle n’avait probablement rien demandé. Là, pour liquider ce qui demeurait encore de consensus social, c’est Myriam El Khomri qu’on envoie au poteau.

Il y aurait, en France, comme une tradition de goumiers et de harkis qu’on ne s’y prendrait pas autrement. En attendant, si nos trublions ont encore assez d’énergie pour faire « turbuler » le système, qu’ils aillent donc piailler aux traditionnelles réunions du fameux club Le Siècle. Cet aréopage n’est ni de gauche ni de droite, incarnant seulement la substantifique moelle de cette oligarchie mondialisée n’en finissant plus d’entraîner la France dans l’abîme.

Comme on disait du temps de mon service militaire, quand ces couillons auront au moins compris ça, ils arrêteront de baiser à côté des trous.

Nicolas Gauthier – Boulevard Voltaire

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2 Commentaires
  • Festinol

    Je ne m’inquiète pas. Derrière sa loi il y a un mâle qui lui fait porter le chapeau……

    10 juin 2016 à 14 h 29 min
    • Etienne

      Tout à fait . Ces femmes sont utilisées . D’abord , ceux qui les envoient mise sur le fait qu’elles sont des femmes et qu’ainsi les hommes ne sauront pas comment se battre avec elles. Un homme , un vrai , se bat contre un autre homme, un vrai et à égalité dans les mots , dans les gestes ou dans les armes. Un homme , se battre contre une femme, d’abord, ça n’a pas intérêt pour un vrai homme mais puisqu’il faut , il va y aller mais c’est plein de pièges. Le moindre mot est surveillé. On le tord dans tous les sens et à la fin , il en sort une goutte de misogynie et voilà le sort de l’homme est réglé et ses idées avec.

      Puis , deuxième avantage , toutes ces femmes, des subalternes, servent de paratonnerre. Elles ramassent la foudre pendant que le type en haut vaque à ses occupations rue Du Cirque ou ailleurs. Un jour , il appuie sur le bouton et la ministre dévouée cède sa place. Avec Hollande, cependant , le processus s’élargit. Même les hommes ont droit à ce traitement : Jean-Marc Ayrault , M . Walls, Macron et le prochain bellâtre qui lui fera un peu d’ombrage . Tu l’envoies dans une mission impopulaire pour qu’il « fasse ses preuves » . En perdant son auréole de jeune premier, son lustre de papier glacé Paris-Match , il permet au marionnettiste en chef de garder sa place au castelet . C’est une stratégie .

      11 juin 2016 à 0 h 50 min
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