Notre pain quotidien (Bande-annonce)

Les vagabonds de la faim ! 1929 : la grande dépression frappe les Etats-Unis, jetant sur les routes et dans la misère des milliers d’Américains.

Dans Les Raisins de la colère (1940), avec notamment Henry Fonda, Jane Darwell, John Carradine et Ward Bond, John Ford évoquait déjà la crise de 29 à travers le sort d’une famille de paysans chassés de leur ferme et partis sur les routes vers la « terre promise », en Californie.

En 1934, King Vidor traitait déjà du même sujet dans Notre pain quotidien, qui ressort aujourd’hui sur les écrans.

L’histoire : New York, début des années 1930. Un couple – John et Mary Sims (Tom Keene et Karen Morley), chômeurs à la dèche, largués tel un bateau à la dérive ayant rompu ses amarres – hérite d’une ferme abandonnée.

Tels les pionniers d’antan, ils se lancent dans l’aventure. Problème, on ne s’improvise pas agriculteur du jour au lendemain. Et puis, c’est bien connu, la terre est basse et souvent ingrate. Par hasard, un paysan (John Qualen) ayant quitté sa ferme du Minnesota pour tenter sa chance comme chercheur d’or en Californie, tombe en panne devant chez eux. En désespoir de cause, ce dernier s’installe chez John et Mary et leur apprend les rudiments du métier de fermier.

L’espace étant plus vaste qu’un potager de cultivateur du dimanche, John a l’idée d’attirer d’autres familles frappées par la crise sur ses terres. Très vite, des dizaines de candidats de toutes compétences se pointent. Et c’est le début d’une vie en communauté avec création d’une coopérative. A l’apparition des premiers grains de maïs, tous sautent de joie. Problème : une grave sécheresse menace la récolte. Pour éviter la catastrophe, une seule solution : de l’huile de coude, empoigner pelles et pioches et creuser un canal d’irrigation…

Si tous les gars du monde ! L’union fait la force : dans ce film, qui se veut une suite à son film La Foule, King Vidor (Le Grand Passage, Duel au Soleil, L’Homme qui n’a pas d’étoile, Salomon et la Reine de Saba…) signe un propos social sur l’utopie fraternelle et sur la vie en communauté. Une « conscience de gauche » au sein du cinéma américain classique de l’époque pour laquelle il engagea – devant le refus des grands studios – sa maison, son auto et toutes ses économies pour financer une production à petit budget (150 000 dollars), avec le soutien de Chaplin. A (re)découvrir.

Pierre Malpouge – Présent

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