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Notre-Dame/ “”L’incendie n’a pas pu partir d’un court circuit, d’un simple incident ponctuel”

Notre-Dame/ “”L’incendie n’a pas pu partir d’un court circuit, d’un simple incident ponctuel”

Auteur d’un livre de très grand intérêt, La France vendue à la découpe, paru en début année, Laurent Izard, normalien, agrégé de l’Université en économie et gestion, diplômé en droit de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et professeur de chaire supérieure, est une personnalité qui fait honneur à l’intelligence alors qu’on est accablé du babil de tant de cuistres dans les médias. Il a réfléchi à cette affaire de l’incendie de Notre-Dame, et a offert le fruit de sa réflexion à quelques uns de ces amis le 18 avril. On m’a fait suivre ce texte que j’ai jugé d’intérêt – non pas seulement parce qu’il évoque notre Observatoire… – et je lui ai demandé la permission de le reprendre sur ce blogue, ce qu’il a accepté avec générosité et élégance – deux grandes vertus françaises… Tout n’y est évidemment pas dit, mais qui pourrait tout dire sur cet incendie dont les flammes éclairent autant qu’elles obscurcissent ? Entre le préjugé qui a déjà péremptoirement dit le tout de l’affaire et le complotisme qui trouve là matière à alimenter ses délires, il y a une voie plus humble et plus étroite qui est celle de la recherche de la vérité. C’est celle qu’emprunte Laurent Izard. Il n’est pas au bout du chemin. Nous non plus. Poursuivons ensemble ce chemin.

*

Difficile d’y voir clair sur les circonstances de l’incendie. Et ceux qui affirment avoir des certitudes sur l’origine du sinistre sont peut-être un peu imprudents.

En étudiant de près les différents médias, on peut tout de même affirmer (avec les réserves d’usage…) que :

1. Il n’y a à ce jour aucune trace matérielle d’un éventuel attentat (en tout cas, rien en ce sens n’a été révélé à la presse).

2. Ce dramatique sinistre s’inscrit néanmoins dans une succession d’attaques contre les églises de France. L’Observatoire de la Christianophobie (https://christianophobie.fr/) a alerté à plusieurs reprises sur la forte augmentation du nombre d’actes de “vandalisme” contre les églises de France depuis quelques mois. En 2018, le ministère de l’Intérieur a enregistré 541 actes antisémites, 100 actes antimusulmans et 1 063 actes antichrétiens.

3. En particulier, l’église Saint-Sulpice à Paris a été incendiée (et ce n’est pas un accident) le 17 mars dernier, et aurait pu intégralement flamber […]

4. Ces actes antichrétiens ne sont pas réservés à la France : des attentats dans des églises se multiplient partout dans le monde, et aujourd’hui même, on apprend qu’un homme vient d’être arrêté dans la cathédrale Saint-Patrick de New York, porteur de bidons d’essence et de briquets.

Ces attentats ont parfois des conséquences tragiques. Rappelez-vous : Charleston au Texas, Jolo aux Philippines, Shuwa au Nigéria, Peshawar au Pakistan, double attentat du Caire en Égypte, etc.

5. Contrairement à ce qui a été dit un peu hâtivement le soir du sinistre (et encore le lendemain), il n’y avait aucun travaux en cours au niveau de la charpente de la cathédrale. Le seul chantier en cours était celui de l’installation de l’échafaudage que l’on a pu voir le jour du sinistre. Mais les ouvriers n’avaient pas à utiliser de matériaux ou d’outils pouvant générer un incendie. Ils ne pouvaient pas pénétrer sous le toit, dans la charpente : il ne s’agissait que de travaux à l’extérieur. Impossible dans ces conditions que ces travaux aient pu mettre le feu accidentellement aux poutres à la charpente à l’intérieur de l’édifice.

6. L’ancien architecte en chef des Monuments historiques Benjamin Mouton, en charge de l’édifice religieux jusqu’en 2013 ne croit pas à la thèse de l’accident : voir son témoignage explicite sur LCI.

Il déclare également dans un  article : « L’incendie n’a pas pu partir d’un court circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant. ».

7. L’échafaudage n’était pas protégé. De nombreuses personnes ont pu se promener dans les hauteurs de la cathédrale et même filmer leurs exploits (attention si vous avez le vertige…) : ou encore [ici].

8. Les églises en France sont mal surveillées et très mal entretenues. J’ai essayé d’alerter sur ce point dans mon livre. Les associations de défense du patrimoine se battent sans beaucoup de succès pour obtenir les fonds nécessaires à l’entretien indispensable des églises. Je rappelle que depuis la Loi de 1905, il appartient aux communes de réaliser les travaux permettant d’assurer la pérennité des établissements religieux. Rien qu’à Paris, ce sont des dizaines d’églises qui auraient besoin de travaux en urgence. Les toits de certaines d’entre elles sont par endroits recouverts de bâches de protection, et ce depuis parfois plus de 10 ans. Quant aux cathédrales, l’entretien de leur structure revient à l’État. Après, c’est une question de choix politique et de priorité financière. Si certains préfèrent  financer la Hell Fest,  la Gay pride ou des sculptures sodomites et zoophiles géantes…

9. Certains n’ont pas hésité à exprimer leur indifférence voire même leur satisfaction à la suite de l’incendie.  La TV n’en a évidemment pas parlé, mais il y a eu des manifestations de joie spontanées dans les Cités… Et même des cadres de l’UNEF ont exprimé sur twitter leur mépris à l’égard du patrimoine et de l’Histoire de France.

Ne faut-il pas dissoudre ce syndicat étudiant qui a déjà fait parler de lui il y quelques années pour des malversations financières ?

 

L’Observatoire de la christianophobie

 

 

“L’incendie n’a pas pu partir d’un court circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant.” (Benjamin Mouton Dans Batiactu)- NDLR

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1Commentaire
  • Alman

    Je me garderai bien d’emettre Un avis sur les causes de cet incendie: accident ou attentat. Difficile même pour un expert. Gageons que le gouvernement jouera là-dessus pour écarter d’emblée une cause criminelle. Je veux seulement commenter le « témoignage » de l’ABF. Parce que je fais du feu tous les jours d’hiver avec du chêne ( pas centenaire, mais vieux seulement de 2 à 3 ans..), je suis assez bien placé pour savoir que quelques brindilles suffisent à enflammer une bûche de 10 à 15 cm de diamètre, sans aucun autre combustible ou artifice. Et des brindilles, dans une charpente presque millénaire, il y en a beaucoup, apportées par les oiseaux. Et de la poussière aussi: celle accumulée par les siècles, celle encore de l’aubier des poutres qui se réduit en poussière. Et j’ai aussi été témoin d’incendie fulgurants dans des bâtiments anciens. Je crois que le vrai débat est celui des budgets alloués à notre patrimoine historique qui entraîne un défaut criant d’entretien et de moyens préventifs. Et ça, c’est assurément criminel.

    22 avril 2019 à 14 h 16 min
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