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Ni femme, ni homme : je suis neutrois!

Ni femme, ni homme : je suis neutrois!

Je ne suis ni une femme, ni un homme. Pourquoi devrais-je à tout prix à faire un choix binaire ? Oui, il y a écrit “sexe féminin” sur ma carte d’identité, et mon prénom est assimilé à celui d’une fille, mais bien que je l’aime beaucoup, je trouve cela dommage. Mon prénom ne devrait rien dire de mon identité, mais simplement servir à me nommer.

Aujourd’hui, si je témoigne, c’est parce que je veux que les gens puissent se questionner à ce sujet et comprendre qu’il existe des personnes qui, comme moi, ne sont pas forcément en accord avec le genre qu’on leur a attribué à la naissance.

Ce n’est pas parce que je ne me sens ni homme, ni femme, que je ne fais pas de choix. Il existe aujourd’hui plein d’autres genres auxquels on peut se référer sans rentrer dans un schéma binaire.

Je ne suis pas un garçon, et encore moins “manqué”

Le plus dur pour moi a été de mettre un mot sur mon ressenti. Je ne me reconnaissais pas dans ce que l’on me proposait. Souvent, il arrivait que l’on me dise :

“Je suis sûre que tu as toujours rêvé d’être un garçon.”

Ou encore :

“Espèce de garçon manqué.”

Mais non, je ne suis pas un garçon, et encore moins “manqué”. Ces remarques me forçaient à prendre position alors que je ne le voulais pas. Quoi que je réponde, je donnais une impression faussée : si je rétorquais “mais non, je suis une fille”, je me mentais à moi-même, et garder le silence était une forme d’acquiescement.

Très tôt, je me questionnais. Et à force d’être mise dans un moule qui ne me correspondait pas, je ne savais plus comment me définir, j’étais perdu-e.

Je vais dans des magasins “pour femme” et “pour homme”

J’ai eu la chance d’avoir un papa qui ne me forçait pas à mettre des robes quand je lui disais que je n’aimais pas ça. Un jour, j’en ai toutefois mis une pour socialiser. On m’a invité-e à une soirée alors que j’étais au lycée, mais on m’a prévenu-e :

“Tu ne viens pas si tu n’as pas de robe.”

Alors j’en ai porté une, pour faire comme tout le monde. Mais ça n’était pas moi.

Au début, je ne supportais pas que l’on puisse m’imposer un vêtement. Aujourd’hui, c’est “cause toujours”. Je ne mets pas de robe et je m’aime comme je suis.

Pour m’habiller, je vais désormais à la fois dans des magasins “pour filles” et “pour garçons”. Il n’y a pas de bermudas dans les boutiques féminines, alors je vais chez les hommes. Ce n’est pas toujours facile, je sens souvent sur moi des regards pesants, mais je n’ai plus envie de baisser les yeux. Au nom de quel principe les magasins pour hommes seraient-ils fermés aux femmes ?

Le plus dur a été de trouver un terme pour me définir

Depuis toujours, je savais que je n’étais ni une fille, ni un garçon, mais mon souci a été de trouver le bon terme pour me définir, et surtout pour communiquer. Les gens ont besoin de me mettre dans une case, ce sont eux qui fixent des limites, alors que moi je ne m’en fixe pas.

Parfois, je mettais des mots au masculin pour parler de moi. Les gens me rétorquaient :

“Mais non, t’es une fille, qu’est-ce que tu fais ?”

Aujourd’hui, je me définis comme neutrois (donc faisant partie des “genderqueer”), c’est-à-dire que j’ai un genre neutre. Mais pour la majorité des gens, ça n’existe pas.

Pour parler de moi, je préfère que l’on dise “il-elle”

Dans la rue, on m’appelle “Madame”, ou “Monsieur” parfois. Mais ça n’est pas moi. En m’interpellant de cette façon, les gens m’imposent un genre qui ne me correspond pas. J’aimerais que l’on me dise simplement “bonjour”. Pourquoi avoir besoin de mentionner le genre partout ?

Pour parler de moi, je préfère que l’on utilise “il” ou “elle”, ou même idéalement les deux à la fois. Mais jamais uniquement “elle”. C’est pourtant ce qu’utilisent les gens naturellement les trois quarts du temps. Même chose pour les participes passés, où je mets parfois “é”, parfois “ée”.

Il existe un pronom neutre en France – “iel” – que j’utilise parfois, mais encore trop peu. À l’oral, j’ai encore du mal à le prononcer naturellement, mais c’est une question d’habitude. Comment pourrait-il en être autrement ? On m’a appris à dire “il” ou “elle” toute ma vie.

Quoi qu’il en soit, si les gens ignorent comment m’appeler, pourquoi ne pas me le demander ? C’est encore ce qu’il y a de plus sain pour ne pas se tromper. Et c’est ce que l’on devrait faire à chaque fois : si vous n’êtes pas sûrs, demandez ! Vous respecterez ainsi la personne pour ce qu’elle est.

Je veux simplement être considéré-e pour ce que je suis

Je suis un peu utopique, mais je rêverais qu’un jour chacun puisse indiquer ce qu’il veut sur ses papiers d’identité. Moi j’aurais envie de ne rien mettre : une lettre, ou un mot, n’explique pas la personnalité.

Je sais que de nombreuses personnes ne comprennent pas. Y compris parmi mes proches, certains ont du mal à me considérer comme neutrois. Venant de mes amis, ça me blesse, mais il leur faut du temps pour y faire attention.
Le plus dur est de se sentir isolé-e. Quand je suis dans un groupe d’amies et qu’elles disent “allez on y va les meufs !”, je me sens exclu-e. Même chose quand l’une s’exclame : “Les filles, on prend un verre ?”.

Au quotidien, les gens me font sentir que je suis une personne différente. Mais le problème est que, bien souvent, ils ne s’intéressent pas à ma différence.

J’aimerais que toutes les personnes qui ne se retrouvent pas dans ce schéma binaire sachent qu’elles ne sont pas seules. Je ne veux blesser personne à travers mon témoignage, mais je souhaiterais également vivement que personne ne nous manque de respect : quand vous écrivez des commentaires sur internet, pensez aux gens qui lisent ça. On ne veut de mal à personne : on aimerait simplement être considérés pour ce que l’on est.

 

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2 Commentaires
  • brndenburg

    Pauvre neutron libre,androgyne ,hermaphrodite,onaniste,egotiste,nihiliste et vaniteuse!Pourquoi publiez-vous ce témoignage pitoyable,revendicatif et incohérent?Etes-vous contaminés vous-aussi?Cette femme souffre d’un banal- mais terrible-syndrome de perte d’identité dont le fondement est ” la perte de l’évidence naturelle”-Blankenburg-trait commun de toutes les pathologies mentales que nos société nihilistes multiplient au point qu’elles deviennent épidémiques:du XX° siècle,règne de “l’homme double”-Aragon-,nous sommes passés à celui de l’homme multiple-éclaté,courant dans tous les sens,sensible “à tous les vents de doctrine”-Saint Paul-et prêt à se jeter dans tous les bras des petits frères du numérique-50% des maris américains préfèrent leur smartphone à leur femme-violent,apathique,oisif et toujours pressé,etc!La cause première?L”idéalisme subjectiviste de bourgeois repus!L’antidote-entre autres-erlande.wordpress.com,site de réflexion tous azimuts-spiritualité,politique,économie,PRO-VIE et réaliste objectiviste!Un exemple:”homme et femme,Il les créa”-tout est dit!

    15 juin 2015 à 0 h 23 min
  • angel

    ÊTRE OU NE PAS ÊTRE TELLE EST LA QUESTION !
    Mais au bout d’un moment faut choisir

    15 juin 2015 à 20 h 20 min
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