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Mon héros de la semaine / Pierre Lagaillarde (1931-2014)

Mon héros de la semaine / Pierre Lagaillarde (1931-2014)

Par Alain Sanders

 

Né à Courbevoie le 15 mai 1931, Pierre Lagaillarde n’était donc pas un pied-noir stricto sensu. Mais il fut de ces Français de métropole qui, dans le combat pour l’Algérie française, ont tout donné – et souvent tout sacrifié, jusqu’à la vie – et nous ont permis de ne pas tomber dans une totale détestation des Francaouis qui, à une large majorité, acceptèrent, voire acclamèrent, le bradage de notre province d’outre-Méditerranée.

Lagaillarde a à peine un an quand ses parents viennent s’installer à Blida (département d’Alger). Des études de droit à Alger, un cabinet d’avocat à Blida, l’armée. En 1957, il est démobilisé. Avec l’un des plus beaux grades qui soient : sous-lieutenant para.

Président de l’Association générale des Etudiants d’Alger, c’est lui qui défonce, le 13 mai 1958, la grille du Gouvernement général de l’Algérie au volant d’un GMC. Massu ayant pris, en râlant, le commandement civil et militaire, Lagaillarde intègre le Comité de Salut public présidé par le général Salan.

En novembre 1958, il est élu député de la 1re circonscription d’Alger-Ville. Un mandat qu’il occupera jusqu’au 5 mai 1961 (date à laquelle il en sera déchu).

En janvier 1960, il prend la tête du mouvement patriotique insurrectionnel opposé aux trahisons gaullistes annoncées. Au côté, notamment, d’une autre grande figure algéroise, Joseph Ortiz. L’histoire a retenu ce sursaut patriotique sous le nom de la « Semaine des Barricades » (20 morts, victimes des gendarmes rouges). Le drapeau taché du sang d’Hernandez…

Arrêté par les forces régimistes, Lagaillarde est incarcéré à la Santé. En novembre 1960, il est remis en liberté, le temps du procès dit « des barricades » (1). Il en profite pour passer en Espagne. Il y retrouve Salan et Jean-Jacques Susini. Le 3 décembre, ils fondent l’Organisation Armée Secrète, fer de lance, à partir de cette date, de la Résistance Algérie française (2).

En mars 1961, Lagaillarde est condamné par contumace à dix ans de réclusion criminelle (sic). Il sera amnistié en 1968, avec beaucoup d’autres résistants Algérie française, malgré les manœuvres haineuses de la camarilla gaulliste opposée à cette amnistie.

Installé en Espagne, havre de nombreux pieds-noirs, il sera notamment responsable de l’économat, puis surveillant général du Lycée français d’Alicante (ouvert en octobre 1962 sous le nom de Nouvelle Ecole française).

Pour l’anecdote – encore que… – on rappellera que, chez les Lagaillarde, les barricades sont une affaire de famille. Son arrière-grand-père, le député Baudin (3), est mort sur les barricades en s’opposant au coup d’Etat du 2 décembre qui portera au pouvoir Louis-Napoléon.

Pierre Lagaillarde, qui n’a jamais transigé (« triché », comme il disait) avec l’honneur, a rejoint les Oies sauvages. Que le Ciel lui soit accueillant !

(1) Pour en savoir plus, se reporter à son livre : On a triché avec l’honneur (La Table Ronde, 1961).

(2) Voir le livre de Pierre Descaves : Une autre histoire de l’OAS (Atelier Fol’Fer).

(3) Il y avait un boulevard à son nom à Alger.

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