La Momie (Bande-annonce)

Vengeance d’outre-tombe ! Au même titre que ses « cousins » Dracula, le monstre de Frankenstein et autres créatures tout droit sorties de l’imaginaire et de légendes fantastiques, la Momie a fait les riches heures des studios de production comme la célèbre Hammer ou encore Universal et des cinémas « de minuit » de quartier des années 1950-1960 où l’on venait « se faire peur » et « réconforter » sa voisine qui se cachait les yeux au moment le plus tragique et qui tremblait pour le jeune premier. Des frissons que l’on qualifierait aujourd’hui de « bon enfant ».

On ne compte plus le nombre d’adaptations à l’écran. Des versions qui vont de la simple « terreur » à la fanfaronnade, comme avec Abbott et Costello dans Deux nigauds et la Momie (1955). De 1932 – La Momie de Karl Freund avec notamment Boris Karloff – à l’année 1999 – La Momie (et deux suites) de Stephen Sommers, avec Brendan Fraser –, la Momie et sa terrible malédiction venue des fonds des âges pharaoniques est prête à tout pour se (re)faire une place au soleil. Râ, alors !

Après 85 ans de terreur et des kilomètres de bandelettes plus tard, la Momie qui, outre Boris Karloff et Brendan Fraser, a vu s’affronter des acteurs tels que Lon Chaney Jr, Christopher Lee, Peter Cushing, John Carradine et Tom Tyler, repart à l’assaut des écrans et, avec elle, le « Peter Pan » des missions impossibles, Tom Cruise.

Cette fois, bye-bye Imhotep, la momie vengeresse et belliqueuse, bonjour Ahmanet (Sofia Boutella) qui, dans les bandelettes de la momie colérique, prend la relève, version féminine, d’une des plus belles momies au physique enjôleur, Valérie Léon, dans Blood from the Mummy’s Tomb (1971).

Deux mille ans après avoir été enterrée, la princesse Ahmanet, appelée à régner sur l’Egypte ancienne mais privée du pouvoir qui lui était dévolu, est extirpée de son sommeil. N’ayant pas digéré d’avoir été spoliée, elle va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur. Bref, faut pas lui échauffer le volcan à la gamine qui va se révéler être une vraie plaie d’Egypte.

Et tout ça à cause de qui, mais malgré lui ? De Nathan Drake (Tom Cruise), « agent spécial » qui dessoude de l’islamiste en galopant de toit en toit et qui, après un terrible crash, va se voir contraint d’affronter la vieille dame et les forces du Mal qu’elle déchaîne mais aussi un certain Dr. Jekyll (Russell Crowe), dirigeant d’une organisation secrète appelée Prodigium.

Les aventuriers de la Momie perdue ! Pas de quoi avoir le palpitant qui s’emballe et joue du tambour avec cette Momie réalisée par Alex Kurtzman, qui tient plus d’un A la poursuite du diamant vert javellisé – pour ne pas trop effrayer – et égaré dans le désert. Certes, il y a de l’action et de l’effet spécial, et Tom Cruise, mais trop, c’est trop. Du coup, le « blockbuster », qui embaume le gros godillot en marche avec vannes pataudes, n’a rien de prodigieux. D’où, par Khéops, Khéphren et Mykérinos réunis, grosse déception qui donne envie de renvoyer tout ce petit monde dans les bras du dieu Anubis et dans les eaux du Styx.

Photo
Viens dans mes bras, on ne vit que deux fois…

Pierre Malpouge – Présent

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