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Marine à la chasse au facho

Marine à la chasse au facho

En ce bel après-midi de printemps, l’auteur marchait dans Paris, songeur : d’où vient la pulsion antifa de certains jeunes bobos ? Comment ne voient-ils pas qu’ils sont, de gré ou de force, d’idéaux agents provocateurs pour Soros-Davos ; ici-même, pour Macron-Castaner – ce que la finance capitaliste a de plus répugnant ?

Or – coquin de sort – son pied heurta alors un cahier rouge sur le sol, sans doute tombé d’un sac. Sur la couverture, d’une écriture appliquée, on lisait, “Journal de Marine T., enquêtrice…” puis “à Mediaport”, dans ce goût-là. Un possible signe du destin, pensa l’auteur.

Avisant un jardin public, il s’assit entre deux personnes-moldo-valaques-en-situation-de-défonce et trois personnes-victimes-du-racisme-et-de-l’exclusion, vidant un sac à main dérobé (l’auteur parle la novlangue Niel-Drahi) et lut ceci :

“Nom : Turchi. Prénom : Marine. Profession : antifa-journaliste. Noble tâche ! Car les fachos sont toujours plus nombreux et méchants. Sans eux, l’heureuse mondialisation de Davos-Soros s’épanouirait. Mais ils gâchent tout ! En prime, ils sont racistes et omni-phobes : homophobes, transphobes, islamophobes, grossophobes, etc. Donc, je les combats sans merci. C’est même mon réel métier : garde-barrière du cordon sanitaire. Car si un méchant infiltre les gentils, il pourrit tout – ils sont contagieux, en plus ! C’est Bernard-Henri Lévy qui le dit – comme je frémis quand il évoque “les heures les plus sombres de notre histoire”…

“Ma copine Malika a des doutes, pourtant – et je dois l’écouter car c’est une personne-racisée. Elle me dit : ton truc, c’est la chasse au Dahut. Compliqué, ça. J’ai vu sur Google que les Dahuts sont des monstres nocturnes que l’évolution a doté de pattes gauches plus courtes que les droites, pour pouvoir courir à flanc de montagne. (Note : L’évolution ? Darwin ? Vérifier – pas que ça soit encore un truc raciste).

“Donc, malgré les sarcasmes de Malika, je traque le facho. Là, j’ai eu une idée terrible. Le tueur des mosquées de Nouvelle-Zélande… Breivik, etc.,… je les relie à des groupuscules français et de là, à des intellos de droite : la voilà, la méga-conspiration ! Y’a plus qu’à déclencher l’orchestre-indignation-réseaux-sociaux et hop ! Tous à la trappe.
Bien sûr, moralement, c’est risqué. Oh ! On connaît la musique : Franco avait un Doberman… Robert Ménard a un Labrador… Suivez mon regard. Le risque, c’est ça : quand on écrit pour un journal trotskiste, user des méthodes du procureur Vychinski, celui des procès de Moscou, c’est dur. Car – mon patron me l’a dit – c’est là que les trotskistes furent liquidés par Staline.
Et puis zut, je me lance. C’est pour la Cause, alors…

– Ça y est, j’ai trouvé trois fachos du Midi, comploteurs-Internet ! Ces génies-conspirateurs écrivaient TOUT sur leur site ! Et l’un des pires racistes y signait ses délires XR ! Super. Enfin, je tiens le Raufer. Bien sûr, j’aurais pu vérifier : et si ces initiales étaient celles de Xénophon Rognon ? Ou de Xerxès Rotule ? Basta, l’occasion est trop belle – et mon article, bien vicelard : j’y balance un ami de Raufer, pour qu’ils se fâchent et la boîte où il est prof’, pour qu’ils le virent.

– L’article est paru. Attendons le séisme.

– Une semaine déjà. Trop forts, ces fachos. Pas une reprise nulle part. Silence consterné. Un an d’enquête pour rien. A quoi bon que Marine, elle se décarcasse ! Mais haut les cœurs. La Pasionaria a lutté jusqu’au bout, moi, pareil !”

[Ainsi s’achève le journal de Marine T.]

L’auteur quitta alors le jardin – avec son portefeuille, pas gagné d’avance – et se reprit à songer. Il conçut d’abord que Marine T. n’était pas une Pasionaria géniale ; filons la métaphore féminine : Conchita Wurst plus que La Callas. Il garda cependant son estime au courageux Médiapart, où parurent de belles enquêtes sur les corruptions libyennes et autres arnaques à la taxe carbone. Bon courage à eux ! Mais qu’ils fassent bien prendre ses petites gouttes à Marine.

NB : Hou-Hou Marine, ceci est un pastiche. Ne paniquez pas – c’est juste pour rire – si ce mot a un sens pour vous.

Xavier Raufer – Boulevard Voltaire

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