Macron et le Mucem célèbrent Benjamin Stora!

Macron et le Mucem célèbrent Benjamin Stora!

Il faut le lire pour le croire : le MUCEM de Marseille, sous le titre : « Benjamin Stora : l’engagement de l’homme et de l’historien » et « sous le haut patronage de monsieur Emmanuel Macron, président de la République », va rendre hommage, le 31 mai prochain, à ce Grotas Garbo de l’histoire trotsko-marxiste !

Le prétexte ? Il prend sa retraite universitaire. C’est toujours ça, dira-t-on. Mais ce militant frénétique, qui a été inspecteur général de l’Education nationale depui  2013 (je peux vous dire que moi, prof, il n’aurait pas franchi le seuil de ma classe), reste président du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’Immigration. A savoir le musée des Colonies de la Porte Dorée, musée auquel il faudra bien un jour redonner son nom et sa vocation première.

L’événement est organisé par un aréopage dont il convient de citer les noms : Pangée Network en partenariat avec le laboratoire Telemme/MMSH/Université d’Aix-en-Provence, le laboratoire Urmis/ Université de Nice Sophia Antipolis, l’ambassade de France en Algérie, les associations Remembeur et Ancrages, le groupe de recherches ACHAC, etc.

Le carton d’invitation explique : « Ce colloque international est organisé en l’honneur (sic) de l’historien Benjamin Stora. Eminent spécialiste de l’histoire coloniale et de l’immigration, il nous lègue un héritage d’envergure. Cette journée réunira, autour de l’œuvre de l’historien, ses pairs et ses élèves, ses compagnons de route (resic) et les acteurs des champs académiques, culturels et militants qui travaillent sur les sociétés post-coloniales. Cet événement permettra de rappeler les apports historiographiques et les avancées sociétales obtenus grâce aux travaux pionniers de Benjamin Stora, mais aussi de tracer les perspectives de recherches qui en sont les héritières. »

S’associent également à ce raout des repentances masos, les ministères de la Culture, des Affaires étrangères, de l’Enseignement supérieur et des Armées (la cerise sur le gâteau ! Mais, quand des officiers se mettent au garde-à-vous devant Macron, tout est possible, la preuve…). On ajoutera l’incontournable Unesco et des médias qui, idéologiquement, sont du même tonneau que Son Enflure : Le Monde, L’Humanité, France Culture, TV 5 Monde…

Quant aux intervenants, c’est une telle liste de militants de gauche, d’extrême gauche, voire d’ultra gauche, qu’elle en devient caricaturale : Françoise Nyssen, ministre de la Culture (et de la censure) ; Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco ; Christiane Taubira ; des islamo-gauchards genre Omar Carlier, Alain Ruscio, Gilles Manceron. Et puis des groupuscules pro-fellouzes, de Coup de Soleil à Pieds-Noirs progressistes (donc « pieds-rouges ») en passant par les racialistes du CRAN, la FNACA, Anciens Appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (eh, oui, ça existe vraiment…), etc.

Benjamin Stora est né à Constantine, Algérie française. Ses parents, qui n’avaient apparemment pas une appétence exagérée pour ce FLN que leur fiston va plus tard cajoler, viendront s’installer prudemment en métropole lors de l’exode de 1962. Le parcours politique de Stora ? A gauche toute, très à gauche d’abord. De 1968 à 1984, il milite chez les trotskards de l’AJS. Et puis, comme les autres enragés soixante-huitards, il va se reconvertir côté tartines beurrées… Il rejoint le PS en 1985, le quitte en 1988 mais soutient Ségolène Royal, puis François Hollande. Et on le verra dans les basques de Macron qui, par ses déclarations iniques à Alger, est plus le fils spirituel de Stora que de Paul Ricœur…

Tout cela ne serait qu’anecdotique si cet Haroun el-Poussah ne s’était forgé un petit commerce autour de l’histoire de l’Algérie française en général et de la guerre d’Algérie en particulier. Chacun des écrits, chacune des interventions et diatribes de ce « spécialiste », auto-proclamé d’abord, puis adoubé par les médias ensuite, sont autant de coups de poignard contre la communauté pied-noir.

En 2009, le maire d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains – grâces lui en soient éternellement rendues – empêcha que Stora vienne poser sa crotte à l’exposition Albert Camus pour laquelle il avait été pressenti, (ce qui fit beaucoup de peine à Aurélie Filippetti). Mais, d’Aix par la fenêtre, le voilà qui entre par la grande porte au MUCEM où on lui déploie – sous le haut patronage de Macron, rappelons-le – le tapis rouge.

Photo : A un tel degré d’interprétation, ça devient du révisionnisme… (document Bab el-Oued Story).

 

Alain Sanders -Présent

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