London house (Bande-annonce)

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London House, soit une maison à Londres évidemment, est un film dur, aux confins du policier et du drame psychologique. Il est question, au fil du récit, d’enlèvement, de meurtre, de suicide, de manipulation dangereuse et complexe, ou de folie manifeste. Le mystère demeure très longtemps, ce qui fait, qualité majeure, que le film n’ennuie jamais. Cette ambiance particulière est encore plus redoutable puisqu’il s’agit du sort non seulement d’adultes, mais d’un bébé, et, secondairement, d’un chat. Le chat est très mignon, affectueux, fort sympathique, même s’il a involontairement un rôle néfaste dans un drame. La violence, présente de façon croissante, est avant tout psychologique. Aucun débordement facile d’hémoglobine –travers courant de tant de policiers – ne détourne le spectateur de cette dureté froide dominante.
 
Deux couples trentenaires doivent se partager une belle maison londonienne. Ils disposent donc déjà de moyens conséquents, tant les prix sont élevés à Londres, et occupent deux appartements. Il y a une vision intéressante de la classe moyenne supérieure britannique. Mais ce ne sont pas pour autant des millionnaires qui eux possèderaient, ou même loueraient, toute la maison. Les nouveaux arrivés s’installent au rez-de-chaussée, ce qui leur permet de profiter d’un beau jardin privatif. Ces deux couples essaient d’établir des relations de bon voisinage, attitude de bon sens évidente, et qui devrait a priori s’avérer d’autant plus facile que les deux femmes sont enceintes. Les deux couples ont visiblement des règles et des bases différentes, mais paraissent fonctionner, de manière assez fusionnelle, l’un comme l’autre. Un repas doit sceller cette nouvelle amitié. Il devient malheureusement vite pénible ; les valeurs des uns et des autres diffèrent, donc la querelle est évitée de justesse plus d’une fois. Les tensions sont bien rendues, sans dérapages trop grossiers, comme tant de films français contemporains qui se veulent bien à tort « psychologiques ». Et que dire au-delà des banalités ? Ce n’est pas si évident en effet, dans la vie réelle : il faut montrer aux gens que l’on s’intéresse à eux, avec bienveillance, sans se montrer indiscret ou les vexer, et l’exercice est assurément difficile.
 

Puis vient le drame : une de ces femmes enceintes tombe dans les escaliers. Elle perd peu après l’enfant, événement atroce évidemment. Elle en veut à ses voisins, pour leur négligence supposée, avec un couloir trop sombre et un chat qui a pour dangereuse habitude de courir vite au ras du sol sans prévenir ; eux répondent qu’elle avait trop bu lors du repas, ce qui est particulièrement contre-indiqué en cas de grossesse, et qu’étant ivre, elle est tombée. Ils compatissent, mais ne se sentent nullement coupables.
 
Alors, London House développe son climat oppressant à travers diverses tentatives de réconciliation, et même d’entraide entre voisins. La malheureuse qui a perdu son enfant ne développerait-elle pas un sentiment maternel trop profond pour l’enfant de la voisine ? De quoi serait-elle capable ? Ou la mère, trop seule la journée, ne dormant plus à cause d’un bébé qui pleure toute la nuit, perdrait-elle la raison ?
 
Remarquable en son genre très particulier, London House est à réserver absolument aux amateurs de policiers ou drames psychologiques durs.

Lu sur Réinformation TV

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