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L’enfant, un objet de consommation comme les autres ?

L’enfant, un objet de consommation comme les autres ?

Made in labo, c’est le titre d’un essai stimulant que publie le philosophe Dominique Folscheid, spécialiste de bioéthique (Cerf). Un livre effrayant en bien de ses pages, qui tombe à pic pour mesurer les enjeux liés à une PMA qui est, selon le philosophe, une « profonde crise anthropologique ». Parution en plein dans l’actualité, puisque mercredi 12 juin le Premier ministre, autrefois opposé à la procréation médicale assistée (PMA) quand il était élu par des électeurs classés à droite, devenu pro-PMA depuis, présentait son calendrier parlementaire. Il a annoncé la volonté d’ouvrir « la PMA à toutes les femmes » (voir notre édition du 14 juin).

Cette forme non charnelle de procréation va donc être étendue, au-delà des questions de santé, à celles liées au désir individuel. Ce que confirmait le ministre de la Santé Agnès Buzyn, invitée du « Grand rendez-vous » d’Europe 1, de CNews, et des Echos dimanche 16 juin, ajoutant au conditionnel : « La PMA pour les couples de femmes devrait être remboursée. » Le ministre indiquait aussi que « la PMA ne nuit à personne. La GPA ne fait pas partie de la loi bioéthique car elle peut nuire au corps de la femme ». Un raisonnement comme par avance contredit par l’essai de Folscheid, qui interroge quant à lui le principal sujet de la loi, l’enfant à naître. Celui-ci n’est pas pris en considération. Si la PMA « ne nuit à personne », c’est que cet enfant à naître n’est pas le sujet réel d’une loi dont les conséquences possibles, pour sa personne en tant qu’humain, ne sont pas prises en compte. Seul le désir de femmes n’aimant pas l’altérité masculine fait ici force de loi.

Les enfants « made in labo » sont en marche

Il est rare qu’un essai arrive autant à point nommé pour éclairer une décision politique dont personne ne sait si elle crée un consensus en France. Le gouvernement ne paraît d’ailleurs pas désireux de le découvrir. Pour le macronisme, l’enfant est un objet de désir individuel, et de ce fait « un objet de consommation », écrit Folscheid. Ce n’est guère surprenant dans une société où la marchandisation de l’ensemble de la vie est un dogme. Buzyn nie que la PMA conduira à la GPA… Cela rappelle tristement les dénégations de l’époque de LMPT, quand le gouvernement progressiste affirmait que le mariage gay ne conduirait pas à la PMA. En 2017, le candidat Macron indiquait la souhaiter, l’extension de la PMA est donc maintenant à l’ordre du jour. Une PMA qui devait faire l’objet, était-il écrit sur son site de campagne, d’un « débat pacifié et argumenté ». Dans Causette, Macron se disait aussi favorable à la PMA pour les hommes.

La loi à venir ouvre ainsi encore plus la boîte de Pandore vers des lendemains humains peu glorieux, entre transhumanisme sectaire, refus du corps de l’autre et donc de l’altérité, et rejet véritable du réel qu’est la nature humaine. Une dérive contre-civilisationnelle qui pourrait vite se transformer en cauchemar au nom d’un progrès idéologique pourtant coupable de l’état actuel des choses, puisque cette idéologie est au pouvoir depuis plus de 50 ans en France.

Paul Vermeulen – Présent

Dominique Folscheid, Made in labo – De la procréation artificielle au transhumanisme, Cerf, 2019, 512 pages, 24 euros.

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