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Le patrimoine en fête

Le patrimoine en fête

Audrey Azoulay, la sixième fortune du gouvernement Valls avec un patrimoine avoisinant les deux millions d’euros, aime le luxe et les robes de grands couturiers. Est-ce la raison pour laquelle, en ces temps de contraintes budgétaires, elle a récemment lancé une mission sur le patrimoine de la mode, assortie de l’organisation d’un forum sur le même sujet ?

Sainte Mode, priez pour nous !
La lecture du rapport de Lyne Cohen-Solal sur l’économie de la mode, commandé par Emmanuel Macron quand il était aux affaires, aurait convaincu Mme Azoulay de l’urgence d’une telle mise en œuvre. Loin de moi l’idée de nier que la mode, du moins la haute couture ou ce qu’il en reste, fait partie de notre patrimoine artistique. Mais de là à doubler la mise avec un forum… On ne sait évidemment pas quel sera le coût de ces nouveaux jouets destinés surtout à accréditer l’idée que les créateurs nés de la diversité sont de petits génies. Mais destinés aussi à permettre à ce petit monde de l’entre-soi de continuer à frimer, comme la créatrice de mode Agnès B qui a confié sa collection de photos au Musée de l’immigration pour une exposition éphémère. Elle en a profité pour affirmer haut et fort tout ce que nous devons aux immigrés qui ont combattu pour la France. Soit, mais elle est muette s’agissant du FLN.

Au milieu de tout cela, la Franco-Marocaine Azoulay papillonne et se moque, en fait, du tiers comme du quart (monde), du patrimoine architectural, muséal ou religieux de notre pays, lui préférant – et de loin – la démocratisation culturelle et autres gadgets destinés à acheter la paix ethnique. On en veut pour preuves un budget « Patrimoine 2017 » amputé de 10 % depuis 2012, alors que celui de la démocratisation culturelle a augmenté de 21 % en seulement une année.

Les miracles de la défense du patrimoine privé
Autant de faits têtus, comme aurait dit Lénine, qui expliquent la part belle faite aux associations de sauvegarde du patrimoine dans le très beau « Salon international du Patrimoine culturel » qui s’est tenu du 3 au 6 novembre à Paris. Des associations qui défendent bec et ongles moulins, églises, châteaux et vieilles demeures, mais aussi tout ce qui renvoie à nos racines et permet de faire rayonner notre mémoire collective et d’affirmer notre identité, tellement menacée par les temps qui courent. Il en va ainsi de l’association Vieilles maisons françaises qui, depuis bientôt soixante ans, rassemble les amateurs d’architecture et de jardins attachés à la découverte et à la mise en valeur de cette richesse. Sur le front de la défense du patrimoine depuis 1901, à l’initiative des poètes Jean Lahore et Sully Prudhomme, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France mène le bon combat contre les éoliennes, la conservation des églises non protégées ou la protection du bâti ancien. Elle est partie prenante dans la lamentable affaire du saccage des Serres d’Auteuil.

Citons également la Demeure historique qui représente les propriétaires gestionnaires de monuments historiques privés et s’est donné pour devise de « faire de chaque monument un acteur du futur ». Récemment venue parmi les grands de ce combat identitaire, Urgences Patrimoine veut être un passeur de mémoire et propose à toutes les personnes intéressées d’accomplir ce geste. A son actif pour l’instant, la restauration de la maison d’Alphonse Daudet à Draveil ou la rénovation du château de Montbrian dans l’Ain.

Mais le Salon du Patrimoine ne serait pas cette fête du bon goût et de la tradition retrouvée sans ces artistes et ces artisans venus de tous les coins de France.

Pour le plaisir des yeux
Bronziers, charpentiers, doreurs, ciseleurs, monteurs sur bronze, tapissiers, lissiers, zingueurs, peintres en décors, tout ce beau monde était présent dans les allées du Salon et montrait son savoir-faire. Je pense notamment au ciseleur Silva Goncalves qui restaurait sur son établi un petit éléphant du XIXe siècle, expliquant qu’il avait fabriqué lui-même les quelque mille ciselets qui lui permettent de donner vie à des bronzes de styles différents. Modeste, il avoue avoir accompli un apprentissage de six ans avant de devenir maître bronzier et d’être tout sourire lorsqu’il explique les gestes de son art.

Même souci du détail et de la perfection chez Jean Sablé, peintre en décor qui a fondé une école à Versailles afin que cet art ne se perde pas et a récemment redonné vie au plafond de la piscine du Ritz. Les amateurs de beaux vitraux n’étaient pas en reste, avec d’ailleurs une femme à la tête d’un des ateliers présentés. Trois femmes également montraient leur talent à restaurer un tableau, un vitrail ou des cadres à la feuille d’or. Les amateurs de coutellerie pouvaient à loisir contempler de magnifiques pièces venues de Thiers et voir un artisan graver en taille-douce, à l’aide d’un burin, la lame d’un couteau. N’oublions pas un ferronnier d’art qui a réalisé un portail de 5,50 mètres de haut pour un château du XVIIIe siècle en Bretagne et un artisan nancéien restaurateur de poêles en faïence, venu pour la quatrième fois à Paris avec des pièces de différentes époques, restaurées ou non. Bref un plaisir des yeux et un bonheur pour l’esprit. De quoi oublier momentanément cet avertissement de Sully Prudhomme : « Il n’y a pas de plus grave attentat à la dignité d’un peuple que l’amoindrissement chez lui de l’attrait du beau. »

Photo en Une Restauration de tapisserie, sculpture d’un décor à l’identique : deux métiers d’art parmi beaucoup d’autres qui contribuent à préserver notre patrimoine.

Francoise Monestier – Présent

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