“Notre laxisme judiciaire, couplés à l’idéologie politiquement correcte, ne permettent plus d’assurer la sécurité des citoyens “

“Notre laxisme judiciaire, couplés à l’idéologie politiquement correcte, ne permettent plus d’assurer la sécurité des citoyens “

«Pour en finir avec le rien à-voirisme» et les lieux communs de la médiatisation du terrorisme.

 Après le dernier attentat attribué à un Algérien qui s’en est pris à une brigade du dispositif Sentinelle à Levallois-Perret, Hamou Benlatrèche, la presse nationale et internationale – qui fait du terrorisme ses meilleurs choux-gras, inonde une fois de plus en non-stop le public des lieux communs du politiquement et de l’islamiquement corrects.

-Tout d’abord, on nous répète une fois de plus que les attentats islamistes n’auraient « rien à voir avec l’islam », « rien à voir avec l’immigration et les étrangers », « rien à voir avec les mosquées », puisque les terroristes sont des « ignorants », des « malades mentaux », des « voyous » ou des « mauvais musulmans », et enfin des « loups solitaires », impossible à identifier.

 

Pourquoi cet individu qui devait être expulsé était en liberté sur notre territoire ?

En réalité, même si les profils sont tous différents, comme nombre d’autres jihadistes « désoeuvrés » avant eux, Hamou Bachir alias Benlatrèche était connu des services de police : certes, pas fiché S, mais fiché pour infraction à la législation sur les étrangers et faisant donc l’objet d’un ordre d’expulsion. Pourquoi n’a-t-il pas été expulsé ? Parce que notre soi-disant Etat de droit n’est capable d’expulser que 10 % des illégaux jugés et susceptibles d’être expulsés manu militari.

Comme souvent nombre de terroristes avant lui, qualifiés eux aussi de « désoeuvrés » ou de « psychiquement faibles » ( à l’instar du bourreau de la pauvre Sarah Lucie Halimi, vielle femme juive sauvagement assassinée en avril dernier en banlieue parisienne par un jeune black-musulman animé par un antisémitisme islamique pro-Da’ech aux cris d’Allah Akbar), les médias et les autorités ont tout fait pour étouffer les motivations idéologico-religieuses du tueur, d’où les premières informations sur l’état mental de Hamou Benlatrèche Bachir, que certains voulaient rapidement juger « irresponsable ».

Conformément à la doxa politiquement correcte, il convient de faire croire le plus possible que les terroristes qui frappent désormais régulièrement nos sociétés sont des asociaux, des « fous », des « voyous », des « nihilistes » animés par un ressentiment existentiel dû à une triste enfance ou encore des fanatiques très « superficiellement musulmans » et bien sûr ignorants du « vrai islam » (forcément tolérant par nature) qui se vengeraient contre « l’islamophobie » de l’Occident post-colonial. D’autres analystes osent reconnaître qu’il s’agit de terroristes islamistes et donc de musulmans fanatisés, mais ils commettent eux aussi l’erreur de croire que ces jihadistes nous haïssent à cause d’une « humiliation » ou des guerres en Irak, au Mali, en Afghanistan ou en Syrie, etc, alors qu’en réalité, tous ceux qui prêtent plus ou moins allégeance à Da’ech ou Al-Qaïda (qu’ils soient « encartés » ou fanatisés à distance par le web) ne sont pas en majorité au départ des personnes haineuses. De ce point de vue, Mohamed Merah en France ou le célèbre Zarqaoui, ex chef d’Al-Qaïda en Irak puis créateur de l’Etat islamique, haineux au dernier degré, font figure d’exception au niveau mondial. En effet, les experts du jihadisme et ceux qui ont connu de près des terroristes témoignent au contraire que le profil-type du jihadiste est un individu calme, parfois un bon voisin, poli, et même sympathique, qu’il s’agisse d’Oussama Ben Laden au plus haut niveau ou des commandos terroristes du 11 septembre à New York, sans oublier ceux Saint Etienne du Rouvray, de Manchester, Nice ou Bruxelles, que leurs voisins jugeaient souvent « sympas », calmes et « respectueux». En fait, plus qu’haineux au sens personnel du terme, ils étaient avant tout fanatisés et idéologisés, et c’est sur cette idéologisation, liée à la montée d’un islamisme radical venu du Moyen-Orient et sponsorisés par des Etats objectivement ennemis, que nous devrions agir. Or cette idéologisation est libre, permise, facililtée, sur le web comme dans nombre de mosquées, revues, réseaux, manuels et centres qui ne sont pas taris à la source au nom de la liberté d’expression depuis des décennies de laisser-faire. Sans oublier les prisons, où l’on fait tout pour que les leaders idéologiques puissent rencontrer et fanatiser tranquillement des petits délinquants qui auraient pu évoluer dans une direction totalement opposée s’ils avaient été placés dans un milieu carcéral plus adapté et étanche aux prédicateurs pro-jihadistes. Bref, tout est fait en façade, en répression apparente a posteriori, mais rien a priori et en amont.

Cette idée est partagée notamment par le géostratège Edward Luttwak, considéré comme l’un des plus brillants et compétents de son époque. Celui-ci affirmait justement ces jours-ci au quotidien italien Il Messaggero : « ce n’est pas vrai que les terroristes » nous tuent parce qu’ils aient l’Occident, ils nous tuent pour nous effrayer (les organes de « presse » de Da’ech utilisent souvent l’expression ; « jeter l’effroi dans le cœur de l’ennemi ») dans le seul but de nous soumettre. Ils ne haïssent pas l’Humanité mais ils prétendent au contraire la sauver du Mal en l’obligeant à embrasser la Vraie foi ». Même si cela choque les belles-âmes qui pensent que les terroristes ont tous des profils de « méchants » comme dans les films et qu’ils sont des haineux aliénés dénués de vision idéologique, Luttwak a raison d’affirmer que la plupart des jihadistes-suicides sont avant tout des « idéalistes », certes des idéalistes extrêmes, parfois de fraîche date, pour ceux qui frappent en Europe, mais des personnes fanatisées avant tout par une idéologie qui ne vient pas de nulle part et qui ne peut pas être réduite à un problème sécuritaire marginal car il s’agit en fait d’un tsunami mondial qui frappe la quasi-totalité des pays du monde, exceptée l’Amérique latine. Parfois ignorants, parfois très instruits, parfois pratiquant, souvent peu ou pas, selon les cas et les pays, parfois voyous, parfois bons élèves, parfois même cadres, souvent issus de famille modestes mais parfois aussi fils de bourgeois, les terroristes jihadistes se recrutent dans tous les milieux. Le seul point commun réel ou « idéal-type » que l’on peut réellement identifier réside dans le fait que ces fanatiques recrutés à la manière des sectes sont réellement persuadés d’être sur le chemin d’une rédemption personnelle et collective en pratiquant non pas une violence haineuse et « nihiliste » selon la thèse politiquement correcte d’Olivier Roy ou du défunt André Glucksman), mais en en cherchant à mettre en application une praxis totalitaire issue d’une vision du monde théocratique et mystique qui ne vient pas d’une hérésie de l’islam mais de l’école salafiste-wahhabite, des groupes takfiristes-salafistes-jihadistes dissidents des Frères musulmans (postérité de Saiyyd Qutb) et de ses équivalents islamiste-sunnites pakistanais (postérité de Maududi). Certes, nombre de musulmans pieux et sincèrement modérés les classent parmi les tendances hérétiques, mais cet islam salafiste-standard ultra-monothéiste qui combat toute forme de « shurk » (associationnisme-paganisme), qui invite à détruire toutes les sociétés non soumises à l’ordre islamique et qui prône le Jihad comme une sorte de « cinquième pilier » de l’islam puis diabolise et déshumanise les non-musulmans et les « apostats » à tuer par tous les moyens est une école juridique qui a contaminé depuis des décennies les deux plus importants centres spirituels du monde musulman sunnite : Al-Azhar en Egypte, l’université la plus prestigieuse du sunnisme, et Médine-La Mecque, les « deux lieux saints » (haramain) situés en Arabie saoudite. Sponsorisée à coups de pétrodolars du venus de nos Etats « amis » du Golfe, cette nouvelle idéologie totalitaire sunnite-salafiste constitue un véritable poison idéologique qui contamine de façon virale et structurelle une partie croissante du monde musulman. Le vrai défi n’est donc pas sécuritaire, et ne sera pas traité par les opérations et plans Vigipirate ou Sentinelles et les incarcérations mal adaptées, et encore moins par les guerres néo-coloniales dans les pays islamiques. Ce tsunami mondial qui ronge le monde musulman depuis des décennies et dont les ravages ont des effets jusque dans nos « banlieues de l’islam » est le vrai problème, et il s’agit d’un problème essentiellement idéologico-religieux et civilisationnel. La seule solution pour prévenir le mal terroriste réside dans la contre-radicalisation, la pédagogie précoce qui passe par la reprise en main de l’école et des territoires « perdus de la République » puis par « l’étanchéisation » de nos sociétés qui doivent être coupées de l’influence des prédicateurs présents partout dans les sociétés occidentales et actifs depuis des décennies à la barbe de nos services qui ont tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps, en vain. Certes, les pays musulmans sont les premières victimes de cette fanatisation et de cette violence totalitaire, mais nos sociétés peuvent justement se prémunir plus facilement que les pays musulmans, à condition qu’elles s’en donnent les moyens et affrontent le Mal à la racine idéologique et psychologique.

Pourquoi « psychologique » ? car le terrorise moderne est avant tout une stratégie « publicitaire », psychologique qui n’utilisent la violence que dans le but de sidérer-effrayer les infidèles afin de les faire plier, de les pousser à la conversion-soumission à l’ordre islamique. Le terrorisme ne frappe pas aveuglément, et si certains hommes de mains recrutés dans nos banlieues sont des désoeuvrés, des fous, des voyous « mauvais musulmans » ou des haineux pathologiques, leurs formateurs ou ceux qui les ont directement ou indirectement mobilisés n’utilisent leur violence que comme un moyen d’attirer l’attention des médias et des politiques par la terreur afin d’utiliser nos moyens de communication comme des haut-parleurs et des moyens de publicité gratuite destinés à répandre leur idéologie prosélyte et donc de convertir. D’où l’expression de « terrorisme publicitaire ».

« Rien à voir avec l’islam »

Concernant l’autre lieu-commun selon lequel l’islamisme violent « n’aurait rien à voir avec l’islam », certes, cela est rassurant de le penser et cela permet à juste titre de ne pas heurter les musulmans qui ont une foi pacifique et sincère, mais cela ne correspond tout simplement pas à la réalité. Certes, il est vrai que le terrorisme suicidaire à la Da’ech est une « innovation blâmable » (Bidaà) assez récente dans l’islam sunnite selon nombre de jurisconsultes et savants, y compris certains salafistes ou frères musulmans. Toutefois, on joue parfois avec les mots, car le jihad en tant que guerre d’harcèlement contre l’infidèle, en tant que guerre non pas seulement de défense de l’islam face aux mécréants mais aussi en tant que guerre d’extension de la vraie foi, n’est pas du tout une « innovation » puisqu’elle est au cœur de toute la jurisprudence sunnite classique (Quatre école juridiques dites « madhaïb » jamais réformées depuis le X ème siècle) et même au cœur de la Tradition califale et de toute l’histoire de la civilisation musulmane. La violence sacrée, non pas défensive mais offensive est omniprésente dans le Coran, notamment les sourates de la seconde partie de la vie de Mahomet devenu chef de guerre ou « sourates médinoises », elle est omniprésente dans les Hadith (paroles attribuées au Prophète ayant force de loi et caractère sacré), puis dans la Sira, le récit de la vie « exemplaire » de Mahomet. Ces trois textes sacrés de l’islam qui ont force de foi et de loi dans l’ensemble du monde musulman sunnite et dans la jurisprudence islamique valorisent énormément et de façon non équivoque cette « violence sacrée », y compris la notion de « martyre », qui n’est pas le fait des seuls terroristes ou « mauvais musulmans », car elle a toujours été pratiquée dans le passé par les puissances islamiques « officielles », arabes, berbères, turques, etc, et ceci jusqu’à la colonisation de l’Algérie et la chute de l’empire ottoman. De ce fait, quand Edward Luttwak ose rappeler comme l’islamologue de renom Bernard Lewis que l’islamisme radical n’est que le retour certes convulsif et moderne d’un islam classique guerrier et impérial (thème très valorisé aussi du « Califat » mythique), ils ne sont en rien coupables « d’islamophobie », puisque ceci est enseigné aujourd’hui encore à Al-Azhar, malgré les tentatives compliquées du président égyptien de réformer cette institution, ainsi que dans le pays des Lieux saints de l’islam et dans les grands manuels de Sharià et de Fiqh (droit islamique) qui circulent dans les mosquées et centres musulmans du monde entier, y compris ceux « respectables » qui ont pignon sur rue dans nos démocraties. Luttwak comme l’auteur de ces lignes n’ont donc rien inventé et ne font que dire ce que des musulmans anti-extrémistes et démocrates comme Abdel Wahhab Medeb, Abdelnour Bitar, Boualem Sansal, Kamel Daoud ou jadis le grand savant égyptien d’Al-Azhar Abdelrazeq hélas « excommunié » (takfir) pour cela ont dit et continuent de dire : bien que nombre de terroristes ne soient pas « de bons musulmans » ou peu formés, le fond du problème vient du fait que la violence dont se réclament les jihadistes est enseignée dans les lieux saints et grandes universités de l’Islam (Al-Azhar et Médine-La Mecque) et qu’elle est légitimée dans les trois textes sacrés de l’islam : le Coran, la Sir, et Hadith-Fiqh. Or cette jurisprudence islamique, qui n’est pas que celle des jihadistes, est la source des législations des pays musulmans tout à fait officiels – dont certains sont nos alliés comme l’Arabie saoudite – qui condamnent à mort l’apostasie ou le blasphème, légitiment l’esclavage, la guerre sainte, l’antisémitisme, la peine de mort ppur l’adultère ou l’homosexualité, ou encore les pires châtiments corporels et l’infériorité juridique des femmes, des esclaves et des non-musulmans, tout ceci étant enseigné dans des universités musulmanes sunnites officielles.

Depuis le début de l’islam, et bien avant les Croisades et la reconquista, qui furent des réactions contre l’islamisation du Proche-Orient chrétien et contre le harcèlement de l’Europe du Sud et de la prise de Jérusalem, les « croisades musulmanes », trop souvent minimisées au contraire des chrétiennes, ont commencé à terrifier l’Europe dès 711 avec l’invasion de l’Espagne. En 846, ce jihad islamique tout à fait encouragé et béni par les Califats « éclairés » ommeyyades et abbassides et ottomans, a conduit à ce que la capitale même de la chrétienté, Rome, soit razziée par les cavaliers d’Allah qui terrifieront d’ailleurs toute l’Italie et toute la méditerranée pendant dix siècles sans interruption, de l’invasion de l’Espagne et de la Sicile aux pirateries barbaresques faites de prises d’otages, d’esclaves, de sacs, razzias et harcèlement « terroristes ». N’oublions pas que l’un des buts de ce jihad tout à fait « orthodoxe » que les terroristes revendiquent à juste titre de leur point de vue, n’était pas défensif, mais consistait à pousser l’ennemi terrifié à la soumission et à la conversion, lorsque l’infidèle captif n’était pas razzié et mis en esclavage (au nom de la Sharià qui le permet officiellement) et ses pays d’origine chrétiens rackettés, puisque les esclaves européens pris en otages étaient rachetés à prix d’or, notamment dans les centres de trafics d’esclaves slaves, latins et noirs qu’étaient le Maghreb et l’Andalous islamique soi-disant « tolérante ».

Un totalitarisme planétaire qui menace tous les pays « mécréants » et qui est stupidement présenté comme une revanche post-coloniale contre le seul Occident

Et cette réalité ne concerne pas le seul Occident chrétien, puisque dans la démonologie islamiste, les païens polythéistes hindouistes indiens, les Chinois polythéistes, bouddhistes, confucéens-taoïstes et les autres civilisations non-islamiques non occidentales en contact avec les empires islamiques ont toujours subi le jihad et les Razzias. D’ailleurs, il suffit de jeter un coup d’œil rapide sur la liste quotidienne des attentats islamistes commis dans le monde depuis des décennies pour constater qu’après le monde musulman et avant même l’Occident, l’Inde est, avec la Russie, l’Afrique et la Chine, l’une des premières cibles du Jihad. Ce terrorisme islamiste est donc un phénomène totalitaire mondial, globalisé, et il n’est pas une simple « réaction à l’impérialisme ou l’humiliation occidentale » (simple élément multiplicateur), mais une « guerre géocivilisationnelle asymétrique » actionnée par des pôles de l’islamisme décidés à soumettre l’Humanité toute entière et qui ont un très fort pouvoir d’influence sur les sociétés islamiques du monde entier en train d’être gagnées par ce virus doctrinal théocratique et impérialiste.

De ce fait, lorsque les terroristes font croire qu’ils en veulent plus à l’Occident en réaction à « l’impérialisme ou au colonialisme » passés, il ne s’agit là que de marketing culpabilisateur, d’une technique de guerre psychologique destinée à faire douter l’infidèle dans le cadre d’une véritable stratégie de la démoralisation et de la démobilisation de l’ennemi.

De ce point de vue, il convient non pas d’écouter les intellectuels européens encore abreuvés de tiersmondisme déresponsabilisant, mais plutôt des intellectuels musulmans arabes comme Boualem Sansal, ce dernier écrivant récemment au Figarovox que : «l’ordre islamique tente progressivement de s’installer en France », comparant la situation actuelle de la France à celle de l’Algérie au début de la guerre civile. Sansal va plus loin : il ose faire ce que les post-chrétiens européens n’osent plus faire, en interpellant directement la religion. Il rappelle à juste titre un hadith célèbre prêté à Mahomet: «Je suis venu à vous avec l’égorgement». « On a vu combien Da’ech a pris ce hadith à la lettre et combien de milliers de personnes ont été égorgées comme des moutons (…). Derrière le terrorisme, il existe un problème bien plus global d’islamisation de la planète », explique-t-il. En réalité, le terrorisme n’est que la face émergée de l’iceberg, la plus violente qui vise à intimider et soumettre les âmes sidérées à son ordre, comme on l’a vu depuis les attentats des « blasphémateurs » comme Théo Van Gogh et les journalistes de Charlie Hebdo : la stratégie a fonctionné, car depuis lors, plus personne n’ose recommencer à « insulter l’islam ». Et l’islamisme terroriste, comme le terrorisme psychologique non-violent des mouvements qui luttent contre l’islamophobie à chaque attentat, œuvrent parallèlement et de façon complémentaire au même objectif global d’imposition de leur ordre et de soumission des infidèles.

« Rien à voir avec l’immigration » ?

Autres contre-vérités que l’on nous assène à chaque attentat subi en Occident: les terroristes non seulement ne sont pas de bons musulmans ; mais ils n’ont « rien à voir avec l’immigration », et ne sont « pas des étrangers », ils sont des Français, des Belges des Espagnols, etc, et des Européens. Outre le fait que ces terroristes européens sont en grande majorité issus de l’immigration arabo-islamique, quelques rappels sont là pour attester que nombreux sont les terroristes de nationalité étrangère, même s’il est vrai que de nombreux terroristes de ces cinq dernières années ont la nationalité du pays occidental d’accueil : les auteurs des attentats de Madrid du 11 mars 2004 (191 morts), étaient des Syriens et des Marocains liés à AL-Qaïda. En France, l’auteur de l’attentat du 19 avril 2015, Sid Ahmed Ghlam, qui a tué une femme de 32 ans, était un Algérien de 24 ans qui prévoyait d’ailleurs aussi un attentat dans une église de Villejuif. Celui du 21 août 2015, qui tenta d’abattre des passagers du Thalys sur une ligne reliant Amsterdam à Paris, était un ressortissant marocain. Quant à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, qui commit le carnage du 14 juillet 2016 à Nice, il était nationalité tunisienne, sans oublier enfin l’auteur de l’attaque du Louvre de février dernier, un égyptien de 29 ans, ou bien sûr celui de l’attaque de Levallois-Perret du 9 août, Hamou Bachir alias Benlatrèche, qui est algérien, de surcroit en situation irrégulière.

Désinformation et politique d’apaisement

Récemment, le journal Corriere del Ticino du 21 juin a révélé au grand public un document fort intéressant issu de la Police criminelle fédérale (BKA) allemande, qui révèle à quel point la restriction du langage en matière de terrorisme correspond à une stratégie étatique planifiée visant à ne pas informer les citoyens de la gravité et de la profondeur de la menace, tant nos dirigeants sont dépassés par les évènements et incapables de prendre les mesures qui seraient efficaces en raison du carcan politiquement correct et de l’idéologie multiculturaliste et libertarienne qui empêche nos démocraties de se défendre efficacement. Citons quelques extraits particulièrement révélateurs et qui sont valables pour les autres pays européens : « quoi qu’il arrive, dans les premiers temps de la survenue de l’attentat, il convient de divulguer au maximum la théorie de l’auteur solitaire ou de la personne psychiquement perturbée. (…) : « toujours éviter, pour commencer, d’évoquer trop vite l’Etat islamique ou même l’islamisme et l’islam (…) ». Après avoir rappelé que « dix millions de visiteurs étrangers entrent chaque année en Allemagne avec des passeports volés ou faux (…) dont une partie bénéficient à Al-Qaïda ou l’EI pour leurs activités terroristes islamistes (…), le rapport suggère de toujours minimiser le lien entre immigration et terrorisme : « ne jamais parler de migrants économiques et de réfugiés ». Et bien que « le pourcentage des entrées illégales en Allemagne est en augmentation de 70% et que les collègues italiens prévoient l’arrivée de près de 350 mille illégaux à 400 mille en provenance de l’Afrique en 2017, il convient envers la presse et le public, d’évoquer le chiffre de 250 mille ».

Autre idée reçue : les islamistes s’en prennent principalement aux forces de l’ordre et surtout aux militaires, conformément à l’appel de l’ex-cerveau et porte-parole de Da’ech, Abou Mohammed Al-Adnani qui exhortait ainsi les jihadistes à : ” attaquer les soldats des tyrans, leurs forces de police et de sécurité, leurs services de renseignement et leurs collaborateurs”, (enregistrement audio de septembre 2014). En réalité, tout comme l’a dit maintes fois le fameux idéologue du « jihad de 3 ème génération », Abou Moussab Al-Suri (théoricien de l’«Appel à la résistance islamique mondiale» publié en 2004), Adnani appelait également dans de nombreuses déclarations et écrits, à “frapper n’importe qui par n’importe quel moyens afin de jeter l’effroi dans le cœur des Mécréants”.

A Nice ce furent des civils, à Levallois Perret ou aux Champs Elysées des forces de l’ordre : il n’y a aucune règle autre que celle de frapper les consciences et terrifier l’ennemi. Ainsi, en 2012, Mohamed Merah s’en est à la fois pris à des militaires et à des civils d’une école juive (sur sept victimes trois militaires), de même qu’Stockholm, comme à Londres, à Bruxelles et surtout à Nice ou même Saint Etienne de Rouvray, les civils ont été prioritairement visés, y compris un vieux prêtre et des foules niçoises dont nombre de musulmans. Ainsi que l’a rappelé à juste titre le spécialiste du renseignement, Jean-Charles Brisard (centre d’analyse du terrorisme), “53% des attentats et projets dans les pays occidentaux depuis 2013 ont visé les forces de l’ordre et militaires, et l’autre moitié des civils ».

Il est vrai qu’en France, en 2017, la majorité des dernières terroristes ont visé des forces de l’ordre, et il faut rappeler que le choix de Levallois Perret n’est pas anodin puisque cette ville abrite le siège de la DGSI. La stratégie poursuivie ici par les cerveaux des terroristes (car ceux-ci agissent en suivant des directives de vrais professionnels même lorsqu’ils sont des « loups solitaires ») est de harceler, dévier l’énergie et user les forces de l’ordre principalement réduites à escorter les gares et les rues touristiques de Paris au détriment du reste de la population française… On retrouve ici l’idée d’Abou Moussab al-Suri qui préconisait une «stratégie aux mille entailles» visant à disperser l’ennemi et donc à l’affaiblir par des attaques à faible intensité mais répétées qui donnent l’impression aux masses d’une puissance de feu terroriste bien supérieure à ce qu’elle en raison de sa médiatisation constante, ceci même lorsqu’il s’agit d’attaques faisant très peu de morts ou seulement des blessés. D’autres parlent de « stratégie de la tension ».

De la nécessaire remise en cause de Sentinelles et Vigipirate ou autres faux-semblants qui donnent l’illusion de la sécurité

Quant au dispositif «Sentinelle», son utilité et son efficacité sont proches de zéro, tout comme Vigipirate. Il sert surtout à mettre comme gardiens de rue des militaires de haut niveau qui auraient autre chose à faire que d’être des cibles mobiles ultra-repérables par l’ennemi. Certes, l’aide des forces armées dans des zones ultra-stratégiques ou fort sensibles (ministères, gares, aéroports), est nécessaire, mais tous les experts du renseignement et de la sécurité savent pertinemment qu’il conviendrait plutôt de multiplier des cellules de protection discrètes, civiles, publiques et privées qui aient un coup d’avance sur l’ennemi et qui soient donc fondues dans la population, à l’instar des systèmes israélien et marocains. Les cas anglais et d’Europe du Nord ont montré que ce qu’il faut développer, parallèlement au rétablissement d’une puissante police de proximité et de renseignements généraux, ce sont des brigades mobiles policières et privées armées dans le plus possible de lieux, à l’inverse des polices municipales anglaises et de nombreuses ville d’Europe du Nord ou d’ailleurs qui n’ont pas le droit de porter d’armes…

La spectre du retour des terroristes « européens » entraînés en Syrie ou ailleurs dans les camps de Da’ech et Al-Qaïda

Une note d’Interpol diffusée aux autorités européennes en juillet dernier a révélé que près de 180 kamikazes sont prêts à agir sur territoire européen et sont en phase d’attente ou de préparation. Les attaques de faible ou moyenne intensité qui permettent de faire durer la surmédiatisation et la peur qui en découle, vont donc se multiplier pendant des années, d’autant que nos Etats démocratiques vont accueillir et laisser en liberté nombre de ces « revenants »… puis empêcher de partir plein d’autres, qui se vengeront donc surplace, dans nos rues… Les jihadistes belgo-français et maghrébins (« légions francophones ») finiront presque tous par revenir de Syrie ou d’Irak et regagner le Maghreb et l’Europe, sachant qu’un combattant expérimenté peut former des dizaines de jihadistes.

Outre ce chiffre, qui ne représente que « l’élite » la plus militairement aguerrie de la nébuleuse jihadiste, de nombreux spécialistes savent que des milliers de jeunes issus de l’immigration musulmane ou convertis sont déjà radicalisés et pourront eux aussi passer à l’acte de façon moins « professionnelle » mais toujours spectaculaire et ultra-médiatisée (ce qui est leur but recherché premier) dès lors que leur allégeance à Da’ech est proclamée et assortie au passage à l’acte. Parallèlement à Da ‘ech, qui perd du terrain en Irak et en Syrie, Al-Qaïda reprend d’ailleurs du poil de bête et continue elle aussi à entraîner et fanatiser à distance des terroristes qui pourront eux aussi passer à l’acte en Europe dans une macabre concurrence avec Da’ech.

En guise de conclusion

Si le terrorisme islamiste frappe si facilement, si régulièrement et de plus en plus souvent en Europe depuis des années, c’est certes en raison d’un phénomène global de fanatisation « jihadisation » de l’islam des masses gagnées par la « salafisation-jihadisation » des esprits provoquée à coups de pétrodollars depuis des décennies par l’Arabie saoudite (salafisme wahhabite), comme on l’a vu. Mais c’est aussi parce que la sécurité de nos démocraties n’est pas assurée correctement. Et avant tout parce que nos conceptions hyper protectrices de la liberté individuelle puis notre laxisme judiciaire, couplés à l’idéologie politiquement correcte, ne permettent plus d’assurer la sécurité des citoyens puisqu’on relâche ou on laisse en liberté des gens dangereux et connus des services comme cela fut le cas de la plupart des terroristes « européens » avant celui de Levallois Perret. Sans parler de l’absurdité de la politique d’accueil des « revenants » formés par Da’ech en Syrie que nos démocraties vont laisser rentrer (et ont déjà laissé revenir en masse ou empêché de partir) pour les confier à des psys ou des centres de « déradicalisation » qui font mourir de rire les fanatiques et n’ont déradicalisé à ce jour que ceux qui n’étaient pas totalement fanatisés. Edward Luttwak a là aussi raison d’expliquer qu’il ne sert à rien de ficher, suivre, connaître, filmer les terroristes potentiels si l’on doit attendre qu’ils passent à l’acte pour les arrêter… Mais nous en sommes plus ou moins là dans l’état actuel des choses. La meilleure preuve, rappelle Luttwak, est que les policiers de Londres ont mis 8 minutes pour intervenir contre les terroristes du dernier attentat. Selon lui, ceci prouve que les forces empêchées de neutraliser de façon efficace et préventive les individus dangereux en amont et de façon préventive, doivent attendre le « flagrant délit » pour intervenir faute de pouvoir légalement mettre hors d’état de nuire les jihadistes avant. Notre système judiciaire laxiste et débordé, nos prisons surchargées et mal adaptées, puis notre conception de la sécurité et de la liberté individuelle sans oublier les serveurs du web que l’on oblige pas à collaborer pour tarir la fanatisation virale sur les réseaux sociaux, ne permettent donc plus aujourd’hui de neutraliser définitivement les jihadistes avant qu’ils n’agissent.

Alexandre Del Valle

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3 commentaires

  1. Philippe Lemaire

    Mais ceux qui ne veulent pas savoir continueront leur déni jusqu’au bout, avec l’aide, hélas, de certains évêques… Puisse Marie, en ce jour de l’Assomption écraser la tête du Serpent-Islam.

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