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L’affaire Castaing!

L’affaire Castaing!

Le lieu du crime n’existe plus. Mais son souvenir est resté, lié dans les mémoires à une terrible histoire. On est en 1823, l’auberge de la Tête Noire à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) est alors une adresse prisée des parisiens en goguette. « Le 29 mai, deux jeunes gens descendirent à l’auberge […]. Ils étaient partis sans dire où ils allaient ». L’histoire, c’est Alexandre Dumas qui la raconte dans ses « Mémoires », car l’affaire, à l’époque, fit grand bruit. Les jeunes gens, ce sont Auguste Ballet, fils d’un riche notaire, et Edme-Samuel Castaing, médecin désargenté. Trois jours plus tard, le premier était mort, le second en prison, bientôt condamné.

Castaing avait fait la connaissance de la famille Ballet quelques années plus tôt. C’était un grand ami des deux fils, Hippolyte et Auguste, héritiers d’une belle fortune. Hippolyte est mort subitement en octobre 1922, Castaing seul à son chevet. Le même scénario se répète sept mois plus tard avec Auguste dans l’auberge de Saint-Cloud, mais là, d’autres médecins ont été appelés. Suspicieux, ils préviennent la justice.

L’enquête révélera des éléments accablants pour Castaing, dévoilés lors d’un procès qui passionne les foules en novembre 1823. « L’accusé fut introduit. Alors, un indicible mouvement d’intérêt agita ces spectateurs, que la curiosité courba et fit onduler comme les épis sous le vent. C’était un beau jeune homme soigné de sa personne et d’une figure douce, quoique l’on crût voir quelque chose d’étrange dans l’expression de son regard », raconte Alexandre Dumas.

On apprend que le jeune médecin est dévoré d’ambition. Qu’il est passionné par les poisons. Que la mort d’Hippolyte, déjà, est étrange : il voulait déshériter son frère, Castaing aurait escamoté le testament pour permettre à Auguste de toucher la succession. Ce dernier, reconnaissant, a fait du jeune médecin son légataire universel, décision validée chez le notaire le matin même du voyage impromptu à Saint-Cloud. Là, à l’auberge, le comportement de Castaing paraît plus que suspect : il prépare lui-même un vin chaud qui plonge son ami dans l’agonie, lui sert plus tard un lait froid qui aggrave son cas. On apprend qu’entre-temps il a fait un aller-retour à Paris pour acheter de l’acétate de morphine, poison connu pour ne pas laisser de traces. Il tente d’expliquer que c’était pour tuer les chiens qui aboyaient la nuit, perturbant le sommeil de son ami… Personne ne le croit.

Malgré le manque de preuves formelles et les dénégations de l’accusé, il sera condamné et finira sur l’échafaud le 6 décembre 1823.

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