Avec Hidalgo, Paris n’est plus une fête

Avec Hidalgo, Paris n’est plus une fête

Après la tuerie du Bataclan et les cérémonies primitives organisées place de la République à coups de bougies et d’ours en peluche, de sinistres crétins ont brandi le livre d’Ernest Hemingway Paris est une fête pour exorciser le mal et imposer le mythe d’une ville riche de sa diversité et de ses différences. Il fallait se réjouir d’habiter la patrie des droits de l’homme avec ses trottoirs dégoulinants de crasse et de détritus, ses rues et ses squares débordants de migrants, ses avenues embouteillées par la grâce de « Drame Hidalgo », ses quartiers mis sous cloche et interdits de voitures. Bref, il fallait entonner le péan à la gloire de celle qui a transformé Paris en une cité anonyme et vagabonde, avec ses circuits pour touristes pressés et ses bistrots bondés de jeunes décérébrés.

Delenda est Lutetia ?

Tel semble être le programme d’Anne Hidalgo qui, depuis qu’elle est aux manettes, a tout fait pour que Paris devienne la ville que définissait dans les années 90 la sociologue Saskia Sassen : « Une ville qui exerce des fonctions stratégiques à l’échelle mondiale, un centre qui organise des flux et s’inscrit dans des réseaux, un pôle commandement dans la mondialisation. » Bref, une ville comme la souhaite son meilleur ennemi d’hier devenu son meilleur allié d’aujourd’hui, Emmanuel Macron, JO 2024 obligent. Des Jeux olympiques dont ne voulait d’ailleurs pas entendre parler Anne Hidalgo quand François Hollande en rêvait, avant qu’elle ne se ravise et ne calcule le bénéfice qu’elle pourrait en tirer.

A la tête depuis un an du Cities 40 qui réunit autour des enjeux climatiques les maires des grandes métropoles, elle ne cesse de plaider la cause des « villes globales » et des « villes monde ». Elle fait donc les yeux doux au maire de Londres, Sadiq Khan, apôtre (d’origine pakistanaise) du multiculturalisme et ne tarit pas d’éloges sur le maire de Stockholm, dont on connaît la politique désastreuse de soutien aux migrants qui ont envahi la Suède. Et qui font d’ailleurs la même chose à Paris. Prise à son propre piège et découvrant les limites du vivre ensemble, Hidalgo voudrait partager les migrants avec d’autres maires, mais impose leur présence et leurs nuisances à l’ensemble des Parisiens.

Tout comme elle mène, avec l’aide du communiste Ian Brossat, en charge du logement, une guerre contre les beaux quartiers en installant dans des immeubles achetés fort cher par la mairie des populations que ses amis Bernard Arnault ou François Pinault ne sont pas habitués à croiser dans leurs hôtels particuliers.

Mais Hidalgo n’en est pas à une contradiction près. Défenseur acharné des cyclistes, elle est l’amie de Jean Todt, patron de la Fédération internationale de l’automobile, auquel elle a accordé le privilège d’organiser sur l’esplanade des Invalides une compétition de F1 électrique. Elle est également proche du milliardaire Xavier Niel qui a installé à la halle Freyssinet sa start-up consacrée aux nouvelles technologies et inaugurée par Macron au début de l’été. Elle est également au mieux avec la foncière Unibail, gestionnaire des Halles et porteur du projet de la tour Triangle.

Piétonnisation à marche forcée

Adversaire résolue de l’automobile, elle a restreint peu à peu la traversée de Paris en voiture. En 2016, contre l’avis négatif de l’enquête publique, Hidalgo ferme à la circulation les voies sur berges au motif de lutter contre la pollution et de rendre Paris aux piétons. Résultat des courses : la pollution s’est déplacée des bords de Seine au boulevard Saint-Germain et les vrais piétons de Paris sont gênés dans leurs promenades par des cyclistes agressifs et des agités du roller intempestifs. Non contente de paralyser Paris et d’interdire son accès aux banlieusards qui travaillent dans la capitale, Hidalgo veut « réinventer la Seine ».

Sa dernière tocade ? S’approprier Le Havre et Rouen qui constituent, à ses yeux, « la façade maritime qui manque à Paris ». Elle est encouragée dans ce projet de « Grand Paris » par le nouveau gouvernement qui a ressuscité cette vieille idée sarkozyste confiée en son temps au parrain politique d’Edouard Philippe, le havrais Antoine Rufenacht.

Autre folie de la donzelle, la végétalisation du paysage urbain, les potagers de rue autour des arbres, les « lopins partagés » avec obligation pour les mairies d’arrondissement de mettre des kits de jardinage à la disposition de ceux qui se sentent une âme de Le Nôtre. Dans ce Paris festif qu’elle veut imposer, Anne Hidalgo oublie tout simplement l’âme de la ville et tout ce qui l’attache à son passé. N’a-t-elle pas fermé récemment le musée de l’Assistance publique et vendu ses locaux au privé ? Salauds de pauvres…

Francoise Monestier – Présent

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