Fortunata (Bande-annonce)

Fortunata est un prénom féminin italien signifiant « fortunée ». Tel est le prénom de l’héroïne de ce drame social italien, au destin plutôt infortuné. Mais il est connu que les milieux déjà en difficulté donnent souvent des prénoms porte-bonheur à leurs enfants. Fortunata a pourtant eu un destin malheureux. Elle est née dans une famille pauvre, dysfonctionnelle déjà de la banlieue de Rome ; ses parents, drogués, sont morts dans son enfance – elle n’a même jamais connu sa mère ; sa grand-mère a fait ce qu’elle a pu. Elle exerce, après un apprentissage précoce, le métier de coiffeuse. Elle effectue des tournées comme coiffeuse à domicile, évidemment non-déclarées au fisc ; elle gagne difficilement sa vie et peine à réunir la somme qui lui permettrait d’accéder à son rêve, posséder son propre salon de coiffure. Elle subit aussi un divorce difficile ; son mari, qu’elle a chassé du domicile conjugal, ne lui facilite nullement la tâche. Leur fille unique, âgée de neuf ans, souffre de cette rupture et le fait bien sentir, peu subtilement, à sa mère. Le film est d’ailleurs d’une honnêteté remarquable sur le thème : le mari n’est pas un homme sans défauts, loin s’en faut, mais les amants de Fortunata ne valent guère mieux et la destruction du foyer familial, pour son enfant comme elle, aggrave plutôt les choses.
 

Fortunata, une curiosité pour amateurs de drame social

 
Fortunata possède pour principal intérêt de montrer les banlieues populaires de Rome aujourd’hui. Des Italiens pauvres y vivent difficilement. Ce n’est pas nouveau. Par contre, et c’est très nouveau en Italie, des populations arabo-musulmanes et chinoises se sont installés en masse au cours de la dernière décennie. Les musulmans, dont les femmes sont très voilées voire portent la burqa, vêtement peu adapté à l’été romain, vivent dans leur monde à eux, fermé. Le contraste est saisissant dans un train de banlieue entre une burqa et la tenue trop légère de Fortunata. Elle fait même songer, son trop fort maquillage et sa langue vulgaire aggravant les choses, à une professionnelle, comme le fait remarquer son peu aimable mari qui, sur ce point précis, n’a pas tort.
 
Fortunata est un drame social dur. Les pauvres ne s’en sortent pas. Mais ce serait en partie de leur faute aussi, tant ils pourraient se montrer parfois irresponsables. Tel est le propos, peut-être discutable et maladroit, du film. En outre, même en acceptant le parti pris de réalisme, il aurait été bon de faire parfois plus court dans les répliques grossières ou les situations délicates. Là réside la principale limite du film. Mais Fortunata reste une curiosité, du moins en France, qui peut intéresser les amateurs de drame social.

Lu sur RITV
 

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