La forme de l’eau (Bande-annonce)

Un « conte » fantastique signé Guillermo Del Toro.

La Belle et la Bête ! C’est sur quelques notes et paroles de « La Javanaise » (chanson de Serge Gainsbourg) que le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro nous entraîne dans un conte fantastique. Un conte noir, un voyage fantastique dans la lignée de ses précédents films comme Le Labyrinthe de Pan ou encore L’Echine du diable.

L’histoire se déroule en 1960, à Baltimore, en pleine guerre froide : Elisa (Sally Hawkins), une jeune femme muette au physique ingrat, travaille comme technicienne de surface dans un gigantesque « laboratoire » souterrain sous haute sécurité. C’est pourtant là, dans les couloirs et salles de ce lieu aussi gai que les sous-sols d’un orphelinat du 19e siècle, qu’elle va rencontrer l’amour de sa vie, en l’occurrence une créature aquatique (en fait un « demi-dieu » antique capturé en Amazonie) ayant des pouvoirs surnaturels. Une créature, une « forme » craintive – un peu vorace quand même – que les chercheurs et autres généticiens sont prêts à disséquer afin d’en percer les secrets. Un homme-poisson que se disputent Américains et Russes.

Après avoir réussi à apprivoiser la bestiole en secret, à l’aide de musique douce et d’œufs durs, elle décide de la sauver des griffes des apprentis sorciers. Avec la complicité d’une autre femme de ménage (Octavia Spencer) et de son voisin du dessous illustrateur homo (Richard Jenkins), elle ramène le monstre chez elle et l’installe dans sa baignoire. Un hébergement un peu à l’étroit qui, flic-flac-floc, va provoquer quelques « dysfonctionnements » mais aussi entraîner, malgré la « différence », une grande histoire d’amour entre la Belle et la Bête. Du moins si le chef de la sécurité (Michael Shannon) leur en laisse le temps.

La chose d’un autre monde ! Loin du conte enfantin La Princesse et la grenouille, cette fable sombre – mâtinée de polar, d’espionnage et de fantastique –, inspirée de L’Etrange Créature du lac noir (1956) de Jack Arnold, voire de La Créature du marais (1981) de Wes Craven, nous plonge dans un conte pour adulte du genre OCNI (objet cinématographique non identifié) politico-social envoûtant et poétique. Une plongée dans l’air du temps du style « l’amour n’a pas de frontière » qui a reçu une pluie de récompenses au festival de Venise, notamment le Lion d’or.

 

Pierre Malpouge – Présent

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