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Et les cloches se sont tues : enquête sur l’immigration au cœur de la Vendée (Vidéo)

Et les cloches se sont tues : enquête sur l’immigration au cœur de la Vendée (Vidéo)

Connaissez-vous Eric Dick ? Ce vendéen est cinéaste et la région est le fil rouge de ses réalisations. Parmi les films et les documentaires qu’il a réalisés, « Et les cloches se sont tues » vient d’être disponible sur les écrans domestiques. Au travers de témoignages de représentants d’associations, de partis politiques, de syndicats, d’habitants et d’élus locaux, c’est une transformation profonde de villes et de villages vendéens par l’immigration qui nous est dévoilée. Un portrait qui change de la présentation lisse et lénifiante de ce phénomène par les médias locaux.

Le documentaire d’Eric Dick

Les documentaires sur l’immigration qui donnent amplement la parole à des intervenants ayant des opinions différentes sur la question sont rares. « Et les cloches se sont tues » mérite à ce titre toute notre attention. D’une durée d’heure 30 minutes, le documentaire permet à plusieurs responsables d’associations d’aide aux migrants (Cimade, Welcome, etc.), à des responsables politiques (RN, DLF, UPR, MIL), à des syndicalistes étudiants (Uni) et policiers (Alliance), à de simples habitants et à des élus locaux de s’exprimer.

Si les témoignages divergent sur l’opportunité (ou l’obligation) d’accueillir les migrants légaux et clandestins, ils nous aident à mieux comprendre le mouvement migratoire qui s’amplifie en France et ses conséquences sur un territoire en particulier.

Le Camp des Saints

Le nombre de migrants arrivant dans certaines villes, leur religion (très majoritairement musulmane) et leur pratique religieuse (souvent assidue), l’essor de l’islam dans ces terres profondément chrétiennes, le soutien des associations d’aides aux migrants, la recherche d’une main d’œuvre corvéable et bon marché par certaines entreprises, la généralisation silencieuse de la viande halal, une conception angélique du « vivre ensemble » : autant d’aspects qui sont présentés au fil des interviews.

On n’est alors pas surpris quand le réalisateur fait référence au livre prémonitoire de Jean Raspail « Le camp des saints » paru en 1973. Face à des arrivées de migrants très majoritairement musulmans et parfois illégaux, plusieurs personnes interviewées organisent un accueil inconditionnel. Cela sans envisager les changements induits par l’arrivée de populations allogènes d’une culture fort différente de la nôtre. Comme s’il s’agissait d’un phénomène naturel et inéluctable. Comme si la migration devenait une nouvelle norme dans nos sociétés.

L’INSTALLATION DE MIGRANTS EN VENDÉE

Dans le documentaire d’E. Dick, une personne interviewée affirme que pour mieux faire accepter l’immigration, les migrants sont disséminés par petits groupes sur le territoire. Cette affirmation correspond effectivement à une nouvelle disposition législative : l’article 18 de la loi asile et immigration prévoit une répartition administrée des demandeurs d’asile sur le territoire. Elle se vérifie avec la carte des implantations des centres d’hébergement recensés par la CIMADE en Vendée :

Le Château d’Olonne (Centre d’Accueil et d’Orientation, 60 places),  Le Château d’Olonne (Centre d’Accueil Demandeurs d’Asile, 90 places), La Roche sur Yon (CADA, 85 places), La Roche sur Yon (CAO, 60 places), La Roche sur Yon (Centre Provisoire d’Hébergement, 60 places), Fontenay le Comte (CAO, 60 places),  Le Château d’Olonne (APSH (hébergement assuré par une association), 50 places), Fontenay le Comte (APASH, 50 places), Fontenay le Comte (Hébergement d’Urgence des Demandeurs d’Asile 60 places), La Roche sur Yon (HUDA, 107 places), Le Sable d’Olonne (CAO, 60 places), Fontenay le Comte (CAO, 60 places), La Roche sur Yon (Centre provisoire d’hébergement, 60 places). Le documentaire nous apprend par ailleurs que des logements ont été attribués dans le département aux migrants venus de Calais en 2015 afin d’y diminuer la pression migratoire.

UNE IMAGE POSITIVE DE L’IMMIGRATION DANS LES MÉDIAS LOCAUX

Le quotidien régional Ouest France, dont le tirage reste important, exerce auprès de ses lecteurs une sorte de magistère moral dans plusieurs départements de l’ouest de la France. Son orientation « démocrate- chrétienne », si ce mot a encore un sens, europhile et pro-migrants ne se dément pas. Plusieurs journaux locaux appartenant au groupe Publihebdos  subsistent : le Courrier vendéen, le journal du pays yonnais et le Journal des sables. Certaines informations publiées dans ces journaux sont disponibles sur le site Actu.fr.

Les récents articles sur le phénomène migratoire dans ces publications s’apparentent, comme nous l’avions relevé pour d’autres titres en mai 2018, à un « filet d’eau tiède », évitant toute réserve vis-à-vis de l’immigration, à l’exception du récit factuel d’un incident dans un foyer en début d’année. Nous en avons trouvé quelques exemples dans la période récente :

L’année 2019 avait mal commencé : « un vingtaine d’individus a saccagé le foyer pour mineurs étrangers à la Roche sur Yon ». nous apprend Actu.fr le 3 janvier. Les individus qui ont cassé du mobilier et de la vaisselle et jeté de la nourriture, ce sont des mineurs étrangers qui protestaient contre…le manque de variété et la qualité de leurs repas. Bienvenue au pays des droits individuels…

Le 27 janvier, le Préfet de Vendée est interviewé par Ouest France. Il se veut rassurant, « s’il y a eu pas mal d’arrivées ces derniers temps », « ça tend à s’atténuer ». Un constat que ne semblent pas partager plusieurs personnes interviewées par Eric Dick et qui ne se traduisent pas dans les chiffres nationaux d’arrivées.

NOUVELLE ASSOCIATION ET FESTIVAL DE CINÉMA

« Une nouvelle association pour aider les migrants (s’est créée NDLR) » à la Roche sur Yon nous apprend Actu.fr le 5 mars. « Parce que l’union fait la force ».

Le 6 mars, c’est la projection du film « Libre » de Marc Toesca organisée à Fontenay le Comte par des étudiants qui est présentée : « Un film et une marche en faveur des migrants », nous informe Ouest France.

Le 18 mars, Ouest France présente le thème du prochain printemps du cinéma allemand : « les migrations ». Les élèves d’un lycée de la Ferrière « ont participé au choix du thème » selon le quotidien qui publie une photo de groupe.

Ouest France interviewe le 20 mars une ancienne exilée du 3ème Reich en Allemagne, habitante de la Ferrière, qui « voue désormais sa vie aux migrants ». « On porte un regard faussé sur les migrants » nous assène t-elle.

Actu.fr relaie le 28 mars l’argument d’une agence d’intérim de la Roche sur Yon : « les migrants, une opportunité pour le territoire ». Pour le journal des Entreprises, la question est « les migrants prêts à sauver la Vendée des tensions de recrutement ? ». Les doutes sont levés à la lecture de l’article. Pas un mot par contre sur le sort des autochtones issus de territoires ravagés par le chômage.

Vous ne trouverez pas dans les différents articles ce qui est relaté dans certains témoignages du documentaire d’Eric Dick : la visibilité croissante du communautarisme musulman dans certaines villes vendéennes, l’essor de la pratique de l’islam, la concurrence sur le marché du travail, etc. Les médias locaux nous offrent une présentation lisse et sans aspérités. Si « Et les cloches se sont tues » rétablit un peu de contradictoire en la matière, ce ne sera pas le moindre de ses mérites…

OJIM

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