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Crashs successifs / Hasard ou loi des séries ?

Crashs successifs / Hasard ou loi des séries ?

  • Après le MH17 en Ukraine la semaine dernière et le GE222 à Taïwan mercredi, un troisième avion se serait crashé ce jeudi entre Ouagadougou et Alger. Doit-on voir là un résultat de la fameuse «loi des séries» ou le fruit du hasard. Explications de la mathématicienne Elise Janvresse.

 Pourquoi parle-t-on de loi des séries?

Elise JANVRESSE Il s’agit d’un mythe populaire. Cette expression n’existe que dans la vie courante. Elle n’a aucun fondement scientifique. Les gens l’utilisent pour rendre intelligible des phénomènes extraordinaires, des coïncidences qui ne s’expliquent pas. Un comportement assez naturel chez l’être humain. L’homme a en effet développé un sens pour repérer les coïncidences. Si vous mangez quelque chose et que vous tombez malade juste après, vous faîtes naturellement un lien de cause à effet avec la nourriture. La loi des séries suit la même logique.

Personne n’a jamais été tenté de théoriser la loi des séries?

Au début du XXe siècle, Paul Kammerer, un biologiste autrichien a travaillé sur la question des coïncidences. On estime même que c’est lui qui est à l’origine de l’expression de la «loi des séries». Il avait notamment listé des phénomènes inexpliqués à partir desquels il avait établi le principe que les choses qui se ressemblent s’attirent et provoquent des enchaînements. Mais cette théorie n’a pas eu une grande postérité. A ma connaissance, elle n’a été reprise que dans le domaine de la psychanalyse.

La science n’apporte donc aucune réponse aux séries inexpliquées de catastrophes?

Les mathématiques permettent tout de même de vérifier si des évènements concomitants qui n’ont a priori aucun lien entre eux peuvent être la conséquence du hasard. Dans le cas des accidents d’avion, plusieurs crashs qui se suivent de près peuvent tout à fait s’expliquer par le hasard. Ainsi, en 2005, cinq avions sont tombés en seulement trois semaines, entre le 2 et le 23 août. En se basant sur les chiffres des dix années précédentes, nous avons établi qu’il y a une chance sur dix pour que 5 crashs se produisent sur une période de 22 jours n’importe quand au cours d’une année. Les cinq catastrophes survenues au cours de l’été 2005 pouvaient donc s’expliquer par le hasard. En revanche, si nos calcus avaient conduit à une probabilité infime rendant le phénomène statistiquement impossible alors il aurait fallu s’interroger sur les causes des crashs. En l’occurence, en 2005, c’était les conditions de maintenance des avions qui étaient mises en cause. Une impossiblité statistique aurait donc impliqué que d’autres facteurs étaient à l’origine des crashs comme des détournements ou des lancements de missile par exemple.

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