Connaissez-vous le château de Fénelon? (Vidéo)

 

Fénelon (1651-1715) n’est malheureusement plus guère étudié à l’école, mais son œuvre comme sa maison natale méritent amplement d’être évoqués dans cette série d’été. Outre son livre le plus connu, Les Aventures de Télémaque, qui occasionnera sa disgrâce à la cour, Fénelon est un auteur relativement prolixe, avec notamment des œuvres de pédagogie et des écrits spirituels (lettres, sermons) qui méritent d’être relus pour les uns et médités pour les autres.

Avant d’être nommé dans les brumes du nord, à la tête de l’archidiocèse de Cambrai (Lille en dépendait alors et ne deviendra simple évêché qu’en 1913), François de Salignac de la Motte Fénelon a vécu bien plus au sud. Il est né… à Fénelon. C’est la demeure que nous allons visiter ensemble aujourd’hui.

Le château de Fénelon est situé en Périgord, dans l’actuel département de la Dordogne, au cœur de ce Périgord noir, qui tire son nom de ses forêts profondes et sombres. Malgré ce relatif isolement, la région a longtemps été troublée, d’où le nombre important de châteaux forts qui gardaient l’accès des vallées, seules voies de communication dans ces régions vallonnées et difficilement franchissables.

Immédiatement, le visiteur est frappé par l’aspect imposant et massif de l’ensemble : Fénelon est bien un château fort médiéval, ayant une fonction militaire qui va au-delà du simple rôle de « défense passive ». Le château était un verrou important de la vallée de la Dordogne, qu’il domine. C’est ainsi qu’il a été assiégé à plusieurs reprises pendant la guerre de Cent-Ans, preuve de son importance stratégique.

L’essentiel de son système défensif médiéval a été conservé : une triple enceinte formant un système complexe fait d’accès non alignés, obligeant l’assaillant à se découvrir, de puissantes tours et de châtelets successifs.

Après les affres de la guerre de Cent-Ans, le château fut transformé en une élégante demeure. Il reprit sa fonction militaire pendant les guerres de religion. Au Grand Siècle, le vieux château est transformé en demeure d’agrément, avec la construction de terrasses et l’élargissement des ouvertures.

Aujourd’hui, il est ouvert à la visite : nous pouvons découvrir un monument pluri-centenaire possédant des caractéristiques particulièrement intéressantes : un escalier à double révolution, un puits très profond (90 mètres : il faut aller chercher l’eau plus bas que le niveau de la Dordogne…), des caves taillées dans la roche, des cuisines du XVe siècle, une grande salle Renaissance et ses tapisseries, un cabinet de curiosités, une salle d’armes richement dotée d’objets de toutes les époques et bien entendu, la chambre où est né Fénelon.

Autre spécificité, bien visible : une impressionnante toiture en lauzes, ces grandes strates de pierres (poids au mètre carré : 250 kg), nécessitant une charpente extrêmement solide.

Même si le château « dépasse » le personnage de Fénelon, il n’en demeure pas moins que c’est un bon exemple d’architecture militaire médiévale… et une belle occasion de visite estivale.

 

 

François Bregaint – Présent

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