La colère d’un homme patient (Bande-annonce)

La colère d’un homme patient est un film policier espagnol. Il traite de la vengeance d’un homme, huit ans après des faits dramatiques. Ces derniers sont présentés, logiquement, en ouverture du film, mais du point de vue du complice absent du cœur du drame, et dévoilés progressivement par la suite. Lors d’un braquage particulièrement violent d’une bijouterie à Madrid, la fiancée de cet homme patient avait été assassinée, et ce de façon particulièrement sauvage, et son père réduit à un état comateux qui reste stationnaire encore huit ans plus tard. Ce drame atroce l’a complètement brisé moralement. Toutefois, il a gardé la motivation de se venger des assassins ou, de son point de vue, de rendre justice : la police n’avait arrêté que le complice du braquage, le chauffeur d’une voiture qui devait servir à l’évacuation des voleurs, posté à proximité de la bijouterie mais absent de la scène de meurtre. Condamné à une peine de 8 ans pour sa complicité, il ressort enfin de prison. C’est alors que débute la colère d’un homme patient. En effet, même s’il a toujours prétendu le contraire durant les interrogatoires de la police ou lors de son procès, il est probable qu’il connaissait les identités des braqueurs-meurtriers.
 

La colère d’un homme patient, un excellent film policier, très bien construit, un plaisir rare pour les amateurs du genre

 
La colère d’un homme patient tient donc largement du western, avec au cœur de son propos une histoire de vengeance. Mais cette vengeance privée remplace l’inexistante vengeance judiciaire normale, et elle ne s’opère que sur des criminels avérés. Lorsque, dans la liste, un de ces criminels s’est en apparence reconverti dans une vie honnête, le justicier est pris d’hésitations. Sur cette histoire centrale, a été bâtie une série intéressante de portraits. Les milieux populaires de Madrid, où coexistent des gens honnêtes et travailleurs et quelques brebis galeuses, mais qui sont parfois membres de la famille – et quelle famille aurait l’inhumanité de rejeter les siens ?- sont brossés sous forme de fresque crédible. La voie d’entrée du justicier, étranger au milieu, est les femmes, qu’il n’hésite pas à manipuler pour arriver à ses fins. Ainsi, ce personnage de justicier obstiné reste-t-il discutable, non seulement dans son ambition finale – est-ce bien à lui de faire justice, surtout de façon si radicale ?- mais aussi dans les moyens qu’il emploie. Cette forte présence féminine permet aussi d’équilibrer le film, et d’y insuffler une sensibilité spécifique. Les épouses de prisonniers souffrent certainement aussi, et le retour à la liberté est un moment difficile de réadaptation réciproque.
 
La colère d’un homme patient est donc un excellent film policier, très bien construit, et propose un plaisir rare aux amateurs de ce genre.

Lu sur Réinformation TV
 

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