Carnets de Montréal de Catherine Pont-Humbert

Catherine Pont-Humbert est devenue amoureuse de Montréal dans les années 80, lorsqu’elle était étudiante en littérature à l’Université de Montréal. C’était bien avant que les Français s’installent sur le Plateau Mont-Royal, à une époque où l’accent de l’Hexagone était encore exotique aux oreilles des Québécois.

« Mon attachement à la ville a pris ses racines dans cette expérience d’étrangère, explique la journaliste et écrivaine qui est retournée vivre en France après ses études. J’ai développé un lien très fort avec la ville. Du coup, je garde une forme d’intimité avec Montréal. »

Catherine Pont-Humbert vient de publier Carnets de Montréal, un recueil de témoignages de Montréalais qui racontent chacun à leur façon leur rapport à la métropole. Comme un cadeau qu’elle souhaitait offrir à cette ville qu’elle affectionne.

Dans Carnets de Montréal, 24 personnalités – Kim Thúy, Dany Laferrière, Ariane Moffatt, Denis Côté, etc. – ont choisi un lieu qui, à leurs yeux, représente Montréal ou qui est rattaché à leur histoire. « L’idée est née au Salon du livre il y a trois ans, raconte-t-elle. Je parlais avec une amie éditrice de ma relation avec cette ville et je lui disais que j’aimerais bien un jour faire des portraits de ville. »

« Je voyage beaucoup, je suis très urbaine et j’avais envie de faire un guide qui parlerait de Montréal de manière plus sensible et personnelle. »

Pour bien connaître une ville, il faut l’arpenter. Catherine Pont-Humbert a toujours été une grande marcheuse. Elle garde des souvenirs très vifs de ses promenades dans les rues enneigées de Montréal alors qu’elle était étudiante.

« Il y avait une étrangeté teintée par un sentiment de malaise quand je réalisais quel point j’étais seule à marcher dans les rues », se souvient-elle. Un jour, une de ces longues promenades l’a menée dans une librairie et ç’a été la révélation. « Je me souviens de mon étonnement quand j’ai découvert des rayons et des rayons remplis de livres en français écrits par des auteurs qui n’étaient absolument pas connus à Paris. Des Africains, des Antillais, des Québécois… Ça m’est apparu comme une terre à explorer. »

Au-delà de son intérêt pour la littérature québécoise – sujet de sa thèse universitaire -, Catherine Pont-Humbert a développé au fil des ans une véritable affection pour les Montréalais.

« Les relations avec les gens ont toujours été d’une qualité formidable à Montréal, affirme-t-elle. Il y a une absence d’arrogance dans les relations, une sorte de simplicité qui rend la communication beaucoup plus simple. Les codes sont moins lourds et moins serrés qu’en France. Et il y a cet espace, cette dimension américaine de Montréal… J’aime le ciel très ouvert, cette sensation de respirer plus large », dit celle qui revient régulièrement visiter ses amis montréalais.

Carnets de Montréal de Catherine Pont-Humbert, Éditions du passage, 288 pages

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