Mahomet au volant la charia au tournant

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Il faut lire le livre de Ghislaine Dumesnil. Aucun article de la grosse presse ne vous parlera de la réalité quotidienne affolante, sidérante, de ce que cette jeune femme a vécu au sein de la RATP, entreprise publique islamisée où les barbus imposent de plus en plus la loi coranique. Cette machiniste RATP (jusqu’en 2015), mère de cinq enfants, est un symbole de courage et de résistance française. Elle a refusé de se taire et ne s’est jamais laissée faire.

— Vous n’avez pas attendu les attentats du 13 novembre et que l’on découvre que Samy Amimour, l’un des djihadistes du Bataclan, avait officié à la RATP pendant 15 mois pour dénoncer la montée du communautarisme islamiste parmi les chauffeurs de bus de la RATP. A quand remonte selon vous ce phénomène soigneusement dissimulé ?

— Depuis le début des années 2000, la RATP a mis en place le recrutement par discrimination positive imposé par le gouvernement. Les anciens machinistes qui partaient en retraite étaient remplacés, au moins pour moitié, par des « jeunes » des banlieues. Au milieu des années 2000, cette politique de recrutement s’est accélérée avec les nombreux départs et a commencé à montrer ses effets néfastes avec une présence de plus en plus forte de musulmans dans l’entreprise, comme la naissance de syndicats communautaires et la multiplication des pratiques religieuses.

— Il s’agit vraiment au départ d’une volonté stratégique assumée de la RATP d’embaucher des « jeunes de cité » afin que les bus ne soient plus caillassés par leurs coreligionnaires musulmans ?

— Les agressions venant essentiellement de ces « jeunes » des quartiers dits sensibles majoritairement issus de l’immigration arabo-musulmane, la volonté était de les embaucher pour, disaient-ils, les insérer socialement, les occuper et diminuer le nombre des agressions, pensant qu’ils respecteraient plus leurs coreligionnaires au volant des bus plutôt que les chauffeurs français de souche, accusés d’être des racistes car peu compréhensifs face à leurs agresseurs ! Il fallait, de plus, faire naître une affection naturelle en les deux populations développant et favorisant le « vivre ensemble » à l’extérieur comme à l’intérieur de l’entreprise. De surcroît, la direction souhaitait que les chauffeurs ressemblent à la clientèle desservie. Dans cette perspective, en 2002, la direction a été jusqu’à ouvrir l’embauche aux étrangers extra-européens.

La RATP communique beaucoup sur ce sujet aujourd’hui, se prévalant d’être la première entreprise de transport signataire du « Plan Espoir Banlieue » et multipliant les actions en faveur de la discrimination positive. Dès lors, les qualités requises et certains critères ont été modifiés et revus à la baisse (sinon, comment expliquer le fait que certaines recrues ne parlent que très mal le français ?) des aides de remises à niveau ont été mises en place pour assurer la réussite aux tests de recrutement ainsi que des bus itinérants parcourant les quartiers sensibles à la recherche de nouveaux candidats.

— Dans votre livre, vous décrivez votre quotidien : le refus de vos collègues musulmans de serrer la main à une femme, de la regarder dans les yeux, de conduire un bus après qu’il ait été conduit par une femme. Mais aussi les « salamaleycoum » à la cantonade, les prières islamistes dans les bus ou dans les locaux de la RATP, les ablutions avant la prière dans les lavabos collectifs avec l’incroyable affaire des gobelets en plastique (voir ci-contre), le jeûne du ramadan qu’observent les conducteurs toute la journée en pleine chaleur et le danger qu’il constitue pour les passagers qu’ils conduisent, leur priorité à cette période pour les vacances, etc. En 2012, vous allez vous plaindre à votre responsable des ressources humaines, qui vous explique qu’il ne faudrait pas « réveiller les fachos » avec vos histoires. C’est ça le plus grave ?

— En local, pour la direction et la CGT, la crainte d’un fascisme fantasmé justifie toutes les capitulations devant l’avancée islamique. Je ne faisais pourtant, à ce moment-là, que tenter de les alerter et les interpeller sur ce que vivaient les femmes. Leur réponse fut la même, « Prends sur toi, ce n’est pas si grave, il n’y en a pas tant que cela, tu vas réveiller les fachos… » La direction et la CGT me faisaient la même réponse, c’était bien la première fois que je les entendais pratiquer le même discours sur les conditions de travail et sur l’égalité « homme/femme » qui constituent toujours des divergences profondes et des luttes acharnées entre les deux camps. Préserver la paix sociale et ne pas faire le jeu du Front national est ce qui compte le plus à leurs yeux.

— En 2012, quand sort la vidéo présentant des témoignages de conductrices que vous tournez avec Riposte laïque, c’est l’enfer qui s’abat sur vous : brimades, intimidations, injustices, menaces. Et tout le monde vous lâche : vos responsables syndicaux, votre hiérarchie et vos collègues. Ils nient les faits ou du moins les minimisent. Pourquoi ?

— Reconnaître les faits reviendrait à remettre en cause leur politique de recrutement et l’aveu de son échec total pour la direction. Par ailleurs, celle-ci multiplie les contrats avec les pays arabo-musulmans se montant à plusieurs millions d’euros, ses intérêts financiers passent avant les droits de l’homme et de la femme et avant la laïcité. De la même façon, les syndicats qui n’expliquent l’attitude de ces individus et leur radicalisation que par le social et le passé colonial d’une part, qui sont fortement engagés dans la cause palestinienne et la lutte contre le Front national d’autre part, ne peuvent pas revenir sur ce fonds de commerce très juteux qui leur assure, pour la plupart, leurs bonnes places et leurs mandats. Or ces nouvelles recrues, gorgées de religiosité, embauchées par la RATP sous le regard bienveillant des syndicats, ne souffrent d’aucune discrimination. Ils y gagnent très bien leur vie, ils bénéficient d’un grand nombre d’avantages, de prestations sociales intéressantes, ils disposent du transport gratuit, d’un avenir assuré, etc. Et pourtant, pourtant, leur volonté d’imposer la charia à tous n’a jamais été aussi forte. Ce qui contredit formellement le discours qui, jusqu’à présent, servait de prétexte en faveur de l’embauche massive de ces soi-disant « jeunes défavorisés ». En les introduisant en masse, tous les défenseurs du « vivre-ensemble » et du multiculturalisme ont cassé la communauté de travail, ont laissé s’installer le sexisme et mettent sciemment en danger les usagers du transport public. Quant à mes collègues malheureusement, ils sont à l’image de la majorité des Français. Comme moi, ils ne supportent plus l’islam, mais la peur d’être qualifiés de racistes et de se voir comparés à des nazis qui nous rappelle « les heures les plus sombres de notre histoire » les tétanise.

— Pourquoi faire ce livre maintenant ?

— J’ai décidé d’écrire ce livre après avoir lu celui d’Elisabeth Lalesart, Pas de voile pour Marianne sorti en 2014 aux éditions Riposte laïque. Née en Iran, elle y raconte le régime des ayatollahs, le statut dévalué de la femme et la privation de liberté. Je me suis rendu compte que je vivais en direct ce qu’elle avait vécu des dizaines d’années auparavant et dans une contrée lointaine. Je ne pouvais pas attendre que la France devienne l’Iran pour m’exprimer à mon tour et j’ai commencé tout de suite à écrire. Il était grand temps de donner la possibilité aux Français de prendre connaissance de ce qui se passe à la RATP et qui permet de mesurer l’urgence d’une réaction et la gravité de ce qui se déroule sous nos yeux. C’est lorsqu’il a été presque fini que je me suis dit que pour l’éditer, je devais d’abord quitter la régie. Je vivais déjà l’enfer, je m’exposais toujours plus, je souffrais terriblement mais ce que j’avais à dire pour l’amour et l’avenir de mon pays et ceux de mes enfants, méritait bien un ultime sacrifice. Entre-temps, ont eu lieu les assassinats du Bataclan perpétrés par un de mes anciens collègues, Sami Amimour, qui ont fini de me convaincre et de me conforter dans mon choix.

— Aujourd’hui que l’on a appris que la RATP était l’entreprise publique qui employait le plus grand nombre de fichés « S » et que le risque d’attentat par des agents infiltrés était hautement probable, est-ce que vous avez l’impression que ça bouge un peu plus à la direction et que l’on prend des mesures ?

— Hormis l’annonce de la création d’un Monsieur « éthique » dans les hautes sphères de la RATP par Elisabeth Borne, nouvelle PDG de la RATP, qui semble avoir été mis en place pour calmer les esprits, les barbus, dont on dit qu’il représente une poignée, sont toujours là, les marques de salut sexistes aussi, l’embauche se fait toujours et avec plus d’entrain sur la base ethnique et religieuse. Combien de Sami Amimour la RATP couve-t-elle en son sein ? Combien d’accidents seront causés par le ramadan ? Comment ne pas faire le rapprochement entre les agressions sexuelles sur des femmes à Cologne et les attitudes humiliantes, méprisantes et agressives d’hommes musulmans de la RATP envers leurs collègues féminins ? Combien de souffrances pour les femmes employées de la RATP et jusqu’où iront les atteintes aux droits des femmes ? Ce sont autant de questions que nous devons poser aux dirigeants de la RATP.

— Est-ce que les gros médias vous ont écoutée ?

— Les médias ont, eux aussi, toujours minimisé mes dires et leurs impacts. Ne pas faire le jeu du Front national reste la préoccupation première des journalistes subventionnés. Malgré les faits, malgré l’urgence, malgré la gravité. Ce livre a aussi pour vocation de susciter l’intérêt et d’obliger ces médias à aborder le sujet, même si cela les bouscule dans leurs certitudes.

— Où avez-vous trouvé le courage de vous battre, parfois toute seule contre tous ?

— En entrant à la RATP, j’ai fait ce que la société progressiste dans laquelle j’évoluais m’enjoignait à faire : être une femme, libre et indépendante, qui fait un métier d’homme, difficile et contraignant, qui par ailleurs ne ménage pas ses efforts pour élever cinq enfants, tout en s’engageant dans la lutte ouvrière dans la perspective d’un monde meilleur. Je n’ai plus trouvé sens à tous ces sacrifices lorsqu’ils nous ont collé dans les pattes des adeptes de l’islam qui nous ont propulsés, d’un seul coup, 1 400 ans en arrière. Je ne pardonnerai jamais les trahisons de tous ceux qui ont permis et encouragé ce retour en arrière. J’ai d’abord pris la peine de m’informer sur l’islam, de manière à me forger ma propre opinion mais aussi pour ne jamais être à court d’arguments, et ils ne manquent pas. Cela n’a pas été simple, je suis passée par des moments difficiles, mais pour faire face le plus possible aux attaques même les plus violentes, je me suis appuyée sur la légitimité de ma révolte, mes ressources personnelles, le soutien sans faille de mon mari, ma famille et celui de quelques collègues courageux. Parallèlement, je me suis engagée auprès de Riposte laïque dans une lutte collective, c’est ce qui m’a donné de nouvelles raisons d’espérer.

Propos recueillis par Caroline Parmentier pour Présent
Les gobelets purificateurs
L’anecdote ne s’invente pas : dans le service RATP où travaillait Ghislaine Dumesnil, les toilettes étaient régulièrement bouchées par des gobelets en plastique utilisés par les musulmans pour purifier leur sexe avant d’aller se prosterner. « Pour remédier à ce problème sans avoir à user d’une fermeté sans doute trop stigmatisante », Ghislaine Dumesnil n’exclut pas que la direction supprime à terme tous les distributeurs de gobelets, pénalisant ainsi le reste des employés qui, eux, s’en servent pour boire, tout simplement…

Mahomet au volant la charia au tournant de Ghislaine Dumesnil, Editions Riposte laïque

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