Voulez-vous voir les merveilleuses photos du Japon féodal de Felice Beato? (Vidéo)

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La seconde plus importante bibliothèque publique des États-Unis vient de mettre à disposition des internautes sa collection de photographies d’un Japon encore féodal juste avant que la modernisation accélérée du pays ne le transforme en profondeur. Le tout, entièrement gratuitement !

Les nouvelles technologies entrent de plus en plus dans le milieu des musées. Elles permettent de mettre davantage en valeur leurs collections et de communiquer plus efficacement sur leurs actualités. Ces dernières années ont vu ainsi se développer la numérisation massive de documents historiques par les grandes institutions muséales et bibliothèques pour une mise en ligne publique sur internet.

Pour le particulier c’est l’occasion de découvrir des œuvres qu’il ne peut aller voir sur place pour des raisons de distance, de temps ou de coût. Les amoureux du Japon traditionnel seront comblés, la bibliothèque publique de New York (en fait un réseau de bibliothèques) a mis en ligne publiquement des centaines de milliers de documents parmi lesquels un grand nombre de photos colorisées du Japon à l’ère Meiji (1868-1912) qui nous font découvrir la vie quotidienne des habitants, les paysages et l’architecture typiquement japonaise de cette époque.

De telles photos sont précieuses d’un point de vue documentaire car la photographie n’a pénétré que très tard sur l’Archipel, dont les frontières étaient fermées sur l’étranger tout au long de l’ère Edo (1603-1868). Seul le port de Nagasaki restait ouvert au commerce avec les Néerlandais et c’est par lui que le premier appareil photo est rentré au Japon en 1848, mais son usage est resté limité à la noblesse locale. C’est véritablement au début de l’ouverture du pays en 1859 et surtout avec les débuts de l’ère Meiji en 1868, que la photographie professionnelle a largement prospéré au Japon, notamment à travers les cartes postales touristiques. Des ateliers spécialisés dans la photo souvenir se sont multipliés à Tokyo, Nagasaki, Kobe, Yokohama, tenus tant par des photographes japonais que des étrangers (contraints eux, de demeurer à Yokohama).

D’aucun cherche alors à fixer les caractéristiques, la richesse et l’essence du Japon sur papier albuminé pour combler la curiosité des Occidentaux fascinés par la culture de ce pays étrange et lointain qu’ils découvrent à peine et dont l’enthousiasme donnera naissance au Japonisme. Les épreuves sont délicatement coloriées au pinceau et les teintes ne sont pas sans rappeler les estampes de l’ukiyo-e qui n’intéresse alors plus guère. Parfois, les photographes n’hésitent pas à tricher un peu avec la réalité en reconstituant des scènes « typiques » en studio mais si elles ne sont pas prises sur le vif, ces scènes demeurent vraisemblables et correspondent à l’idée d’un Japon, parfois certes un peu fantasmé, tel que l’on se plaisait à l’imaginer alors.

En 1868, la concurrence et l’offre toujours croissantes pousse un célèbre photographe italo-britannique, Felice Beato, à non plus vendre ses photos à l’unité mais à les regrouper en album, un format qui fera fureur et marquera l’histoire de la photographie japonaise. L’album photo offre un panel de photographies variées, un condensé du Japon entre représentations de paysages et monuments célèbres, de scènes de rue, de portraits et de reconstitutions en studio complétées de textes explicatifs.

En observant ces photos vieilles parfois de 150 ans, il peut être amusant de constater à quel point certains sites ont peu changé, comme s’ils avaient été photographiés la veille ou au contraire elles permettent de mesurer l’ampleur des changements survenus dans le temps, à travers l’urbanisation de Tokyo par exemple. Et à l’inverse c’est avec une nostalgie mêlée de tristesse que l’on admire des lieux qui ont disparu lors des bombardements intensifs des la Seconde Guerre Mondiale.

De telles photos, au delà d’être de simples objets de curiosité, sont autant de témoignages historiques inestimables.

Toutes les photos sont à découvrir ici. 

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